L’infrason, facteur clé des sensations attribuées aux fantômes

Publié le 27 avril 2026

De nouvelles recherches abordent les causes de phénomènes souvent perçus comme paranormaux. Une étude récente pointe l’infrason, onde sonore de très basse fréquence, comme un facteur clé. Ces vibrations peuvent provoquer des sensations physiques et psychologiques distinctes.

La perception d’une présence ou de phénomènes inhabituels dans des lieux réputés hantés relève souvent d’explications physiques. Une récente étude, publiée dans la revue Frontiers in Behavioral Neuroscience, désigne l’infrason comme un facteur déterminant de ces sensations. Loin des interprétations paranormales, des systèmes mécaniques, la circulation routière ou des éoliennes génèrent ces ondes sonores de très basse fréquence, inaudibles par l’oreille humaine.

L’infrason est une vibration sonore dont la fréquence est inférieure à 20 Hertz (Hz), seuil de l’audition humaine. Des recherches antérieures ont établi que l’exposition à ces fréquences basses peut entraîner des effets physiologiques. L’augmentation du niveau de cortisol dans la salive et une irritabilité accrue figurent parmi les réactions observées. Le corps perçoit ces vibrations sans les identifier consciemment comme un son.

Les facteurs environnementaux à l’étude

Les scientifiques s’efforcent depuis longtemps de fournir des explications logiques aux allégations de hantise. En 2003, le psychologue Richard Wiseman, de l’Université du Hertfordshire, a mené deux études sur les mécanismes psychologiques sous-jacents aux activités dites « fantomatiques ». Les participants ont exploré le palais de Hampton Court en Angleterre et les South Bridge Vaults en Écosse, deux sites connus pour leurs phénomènes inexpliqués. Ils devaient signaler les lieux où ils percevaient de telles manifestations.

Les sujets ont rapporté davantage d’expériences étranges dans les zones réputées hantées, indépendamment de leur connaissance préalable de ces rumeurs. Ces zones présentaient des variations significatives au niveau des champs magnétiques locaux, de l’humidité et des niveaux d’éclairage. Ceci suggère une réponse humaine à des facteurs environnementaux ordinaires.

Wiseman a émis l’hypothèse que des champs magnétiques plus intenses pourraient influencer le cerveau. Un mécanisme similaire à la stimulation électrique du gyrus angulaire, qui peut induire la sensation d’une présence derrière soi, mimant les mouvements, a été évoqué. Une autre étude, menée à Mary King’s Close, un autre lieu réputé « hanté », a révélé que 70 % des participants ressentaient soudainement du froid, une impression d’être observés ou touchés, ou entendaient des pas inexpliqués. Les zones où ces sensations étaient rapportées affichaient des niveaux d’humidité nettement inférieurs.

L’infrason, une explication physique concrète

Les expériences rapportées sont réelles dans le sens où les personnes ressentent effectivement ces sensations. Cependant, elles ne résultent probablement pas d’une activité spectrale. Elles s’intensifient en présence d’une attente d’un lieu hanté.

Une explication complémentaire a été proposée par Vic Tandy, ingénieur à l’Université de Coventry. Il a mis en avant le rôle de l’infrason, spécifiquement à une fréquence de 18,9 Hz. Cette fréquence se situe juste en dessous du seuil de l’audition et peut provoquer des effets visuels et auditifs, ainsi que des sensations physiques comme des frissons ou des oppressions. Un ventilateur de plafond défectueux ou des systèmes de climatisation peuvent générer des infrasons à ces fréquences.

La science continue d’explorer ces phénomènes. Elle offre des pistes tangibles pour comprendre des expériences subjectives. Ces recherches contribuent à démystifier des perceptions couramment attribuées au surnaturel, en les ancrant dans la physique de notre environnement quotidien.


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