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BepiColombo débute son insertion autour de Mercure après huit ans de voyage

La sonde BepiColombo, mission conjointe ESA-JAXA, débute sa phase d'arrivée autour de Mercure après un voyage de huit ans. Elle étudiera le pôle et la magnétosphère.

BepiColombo débute son insertion autour de Mercure après huit ans de voyage

Après près de huit années de navigation complexe à travers le système solaire interne, la sonde spatiale BepiColombo a entamé sa phase d’approche finale vers Mercure. Cette mission conjointe de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et de l’Agence d’Exploration Aérospatiale Japonaise (JAXA) se prépare à une série de manœuvres cruciales pour son insertion orbitale définitive.

L’arrivée d’une mission stratégique

Après près de huit années de navigation complexe à travers le système solaire interne, la sonde spatiale BepiColombo a entamé sa phase d’approche finale vers Mercure. Cette étape marque le début des manœuvres préparatoires à l’insertion orbitale de la mission conjointe de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et de l’Agence d’Exploration Aérospatiale Japonaise (JAXA). Le vaisseau est conçu pour résister aux conditions extrêmes rencontrées à proximité du Soleil, où la température peut atteindre des centaines de degrés Celsius. La mission vise une étude approfondie de Mercure, la planète la moins explorée du système solaire interne après les missions Mariner 10 et MESSENGER.

Une odyssée interplanétaire de près de 9 milliards de kilomètres

Lancée le 20 octobre 2018 depuis Kourou, en Guyane française, à bord d’une fusée Ariane 5, BepiColombo a parcouru une distance de près de neuf milliards de kilomètres. Son itinéraire complexe a nécessité neuf survols gravitationnels successifs : un de la Terre, deux de Vénus et six de Mercure elle-même. Ces manœuvres ont permis de freiner progressivement la sonde et de l’aligner avec la trajectoire de la planète. L’objectif était de conserver suffisamment de carburant pour la phase cruciale d’insertion orbitale et les ajustements ultérieurs. Ce parcours sinueux démontre la maîtrise technologique des agences spatiales pour atteindre des cibles aussi proches du Soleil.

Deux orbiteurs pour des données inédites

La mission BepiColombo est unique car elle est composée de deux orbiteurs distincts, qui se sépareront une fois en orbite autour de Mercure. L’Orbiteur Planétaire de Mercure (MPO), fourni par l’ESA, se concentrera sur la surface, l’intérieur et l’exosphère de la planète. Il est équipé d’une suite d’instruments pour cartographier la composition de la surface, rechercher de l’eau glacée dans les cratères polaires et étudier l’activité volcanique passée. L’Orbiteur Magnétosphérique de Mercure (MMO), également appelé Mio, fourni par la JAXA, se chargera principalement de l’étude de la magnétosphère et de son interaction avec le vent solaire. La combinaison de ces deux perspectives offrira une vision tridimensionnelle sans précédent de Mercure.

Défis d’une insertion en environnement extrême

L’insertion orbitale autour de Mercure représente un défi technique majeur en raison de sa proximité avec le Soleil. La forte gravité de notre étoile exige des manœuvres de freinage précises et énergivores pour ne pas être happé ou éjecté du système. La sonde doit également opérer dans un environnement de températures extrêmes, où la face exposée au Soleil peut atteindre +450 °C et la face à l’ombre -180 °C. Des boucliers thermiques et des systèmes de contrôle thermique sophistiqués sont essentiels pour protéger les instruments sensibles. La période d’insertion est critique, avec des ajustements constants de la trajectoire pour atteindre l’orbite scientifique finale des deux modules.

Comprendre la formation du système solaire

Les données recueillies par BepiColombo sont attendues avec impatience par la communauté scientifique. Elles permettront de mieux comprendre la formation et l’évolution de Mercure, notamment sa composition dense en métal, l’origine de son champ magnétique et la présence potentielle de glaces d’eau dans ses régions polaires. Ces informations sont cruciales pour affiner nos modèles de formation des planètes telluriques et, par extension, l’histoire primordiale du système solaire. La mission BepiColombo promet d’apporter des réponses fondamentales sur les mécanismes à l’œuvre dans les environnements planétaires les plus extrêmes.

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