Autour des solstices, les couchers de soleil présentent une durée significativement plus longue que lors des équinoxes. Ce phénomène résulte de l’angle d’inclinaison plus faible du Soleil par rapport à l’horizon durant ces périodes. L’analyse révèle que cette durée varie selon la latitude de l’observateur, avec des écarts notables.
L’inclinaison solaire et la durée du crépuscule
Le phénomène des couchers de soleil prolongés autour des solstices est une conséquence directe de la géométrie céleste. À ces périodes, le Soleil se lève et se couche aux points les plus septentrionaux ou les plus méridionaux de l’horizon, selon l’hémisphère. En conséquence, la trajectoire apparente du Soleil par rapport à l’horizon se révèle moins abrupte. Cet angle plus oblique signifie que le disque solaire met plus de temps à disparaître complètement sous la ligne d’horizon, prolongeant ainsi la durée perçue du coucher de soleil.
En comparaison, lors des équinoxes, le Soleil se lève précisément à l’est et se couche exactement à l’ouest. Cette trajectoire perpendiculaire à l’horizon entraîne un angle de coucher plus raide, réduisant la durée nécessaire au passage du disque solaire sous l’horizon. Ainsi, les couchers de soleil des équinoxes sont les plus courts de l’année pour une latitude donnée.

Variations de durée selon la latitude
La durée exacte d’un coucher de soleil au solstice n’est pas uniforme à travers le globe ; elle dépend étroitement de la latitude de l’observateur. Par exemple, à une latitude de 40 degrés nord, correspondant à des villes comme Denver ou Pékin, le Soleil met environ 3 minutes et 15 secondes pour se coucher durant un solstice. Cette durée représente une augmentation de près de 30 secondes par rapport à un coucher de soleil observé à la même latitude lors d’un équinoxe, où il ne dure que 2 minutes et 45 secondes.
Les observations montrent une accentuation de ce phénomène à mesure que l’on s’éloigne de l’équateur. Près du cercle arctique, à 65 degrés de latitude nord, la durée d’un coucher de soleil au solstice peut atteindre environ 15 minutes. Inversement, à l’équateur (0 degré de latitude), le Soleil ne met qu’un peu plus de 2 minutes et 15 secondes à disparaître sous l’horizon, même lors d’un solstice. Indépendamment de la latitude, la règle demeure : les couchers de soleil sont toujours les plus longs aux solstices ou à leur proximité immédiate.

L’influence de l’orbite terrestre
Une nuance importante concerne la comparaison entre les solstices d’été et d’hiver. Il a été établi que les couchers et levers de soleil sont légèrement plus longs lors du solstice de décembre (hiver dans l’hémisphère Nord) que lors du solstice de juin (été dans l’hémisphère Nord). Cette légère différence s’explique par la position de la Terre sur son orbite elliptique. En décembre, la Terre se trouve plus proche du Soleil (au périhélie) qu’en juin (à l’aphélie).
Cette proximité relative en décembre a deux conséquences. Premièrement, le disque solaire apparaît légèrement plus grand dans notre ciel, nécessitant ainsi un temps marginalement plus long pour franchir la ligne d’horizon. Deuxièmement, le Soleil, du fait de cette proximité, se déplace également plus rapidement le long de l’écliptique, ce qui, paradoxalement, contribue également à rallonger la durée apparente du phénomène. Ces facteurs combinés produisent des durées de crépuscule subtilement plus étendues en période hivernale que leurs homologues estivales.

Perspectives astronomiques et mécaniques célestes
Ces observations sur les variations de durée des couchers de soleil illustrent la complexité et la précision des mécanismes célestes. Elles soulignent l’importance de l’inclinaison de l’axe terrestre, de l’orbite elliptique de notre planète et de la position apparente du Soleil dans le ciel pour des phénomènes quotidiens. Comprendre ces dynamiques permet aux astronomes et au public de mieux appréhender les subtilités de notre environnement cosmique et la manière dont les interactions gravitationnelles et géométriques façonnent notre perception du temps.
Les solstices, au-delà de leur signification saisonnière, offrent une fenêtre sur les principes fondamentaux qui régissent la mécanique céleste et la manière dont ils influencent des phénomènes aussi universels que le coucher du Soleil, visibles de toutes les latitudes de la Terre.
Source : Lire l’article original
À lire aussi sur La Gazette Spatiale