Le rover Curiosity de la NASA a découvert des formations géologiques polygonales sur Mars, similaires à un nid d’abeille géant. Cette unité de terrain, initialement perçue comme lisse depuis l’orbite, révèle une topographie inattendue. L’exploration vise à déterminer l’origine de ces structures et de roches sombres dispersées dans la zone.
Le rover Curiosity de la NASA a récemment progressé dans une région de Mars présentant des caractéristiques géologiques inattendues. Initialement identifiée par les images orbitales comme une unité de terrain light-toned et relativement lisse, la zone a révélé à l’approche du rover une surface couverte de structures polygonales. Ces formations évoquent la surface d’un nid d’abeille géant, s’étendant sur des sections significatives du paysage martien. À mesure que le rover s’est enfoncé dans cette unité, les crêtes polygonales ont montré des signes d’érosion plus prononcés, témoignant de l’action des processus éoliens et des conditions de surface martiennes sur de longues périodes.
Découverte de structures polygonales et de roches sombres
L’équipe scientifique du Jet Propulsion Laboratory a exprimé sa surprise face à la morphologie de cette unité. Les polygones, formés de crêtes et de centres distincts, sont devenus le principal centre d’intérêt. Parallèlement à ces structures, la zone est parsemée de roches sombres, variant de la taille d’un galet à celle d’un pavé. L’origine de ces roches représente une interrogation majeure pour les chercheurs. Plusieurs hypothèses sont envisagées : pourraient-elles provenir de couches stratigraphiques supérieures et avoir « flotté » vers le bas, s’agirait-il d’éjectas d’impacts lointains en dehors du cratère Gale, ou bien de météorites venues d’au-delà de Mars ? Cette question demeure en suspens et motive une part importante des investigations actuelles du rover.
Analyse instrumentale des formations martiennes
Les deux cycles de planification récents ont mobilisé l’ensemble des instruments de Curiosity pour caractériser ces nouvelles découvertes. Le plan de quatre sols a inclus des analyses détaillées avec le spectromètre à particules alpha-X (APXS) et la caméra d’imagerie de lentille de main (MAHLI), ciblant spécifiquement les crêtes et les centres des polygones pour recueillir des données sur leur composition élémentaire et leur texture microscopique. Le plan a également incorporé des observations par la caméra ChemCam Remote Micro-Imager (RMI) de la petite colline nommée « Miraflores » et de la mesa « Cordillera ». Des mesures LIBS (spectroscopie à plasma induit par laser) de ChemCam ont été effectuées sur les polygones, avec deux mesures sur différentes crêtes et une au centre d’un polygone. Une mesure passive de réflectance ChemCam a aussi été réalisée sur l’un des pavés sombres mentionnés précédemment.
Les activités environnementales ont complété ces observations, avec des recherches de diables de poussière par Navcam et des mesures d’opacité atmosphérique (tau). Après un déplacement vers la limite supérieure de l’unité lumineuse couverte de polygones, un plan de trois sols a été mis en œuvre. Il a inclus de nouvelles mesures APXS et MAHLI sur une autre crête polygonale et sur un pavé sombre désigné « Cortadera ». ChemCam LIBS a ciblé « Cortadera » et une crête polygonale. La ChemCam RMI a également examiné le sommet et la base de la mesa « Cordillera ». Des mosaïques Mastcam ont été planifiées pour la « Cordillera », les sillons voisins, une partie du chenal « Valle Grande » proche, ainsi que pour la documentation des cibles LIBS et la cible de calibration Mastcam.
Perspectives : au-delà des polygones
L’étude de ces structures polygonales pourrait fournir des indices cruciaux sur les conditions paléoclimatiques de Mars, notamment la présence potentielle d’eau ou de cycles de gel-dégel. La résolution du mystère des roches sombres, en particulier la confirmation ou l’infirmation de leur nature météoritique, apporterait des informations précieuses sur l’histoire de la surface martienne et l’apport de matériaux extra-martiens. Dans les semaines à venir, Curiosity franchira une nouvelle bande de matériaux, qui apparaissent plus sombres et de texture plus rugueuse sur les images orbitales et depuis la position actuelle du rover. Cette transition promet de nouvelles découvertes et une compréhension approfondie de la stratigraphie et des processus géologiques au sein du cratère Gale.
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