Une nouvelle étude menée par l’Université de Copenhague et la NASA, publiée dans *Nature Communications*, apporte des éléments de réponse à une problématique persistante en vol spatial : la constipation chez les astronautes. Cette recherche novatrice suggère que la microgravité ralentit significativement le temps de transit intestinal. L’analyse des métabolites sanguins de 52 astronautes a mis en évidence une fermentation protéique accrue, expliquant ce phénomène.
Une nouvelle étude menée par l’Université de Copenhague et la NASA, publiée dans *Nature Communications*, apporte des éléments de réponse à une problématique persistante en vol spatial : la constipation chez les astronautes. Cette recherche novatrice suggère que la microgravité ralentit significativement le temps de transit intestinal. L’analyse approfondie des métabolites sanguins de 52 astronautes a mis en évidence une fermentation protéique accrue, offrant une explication concrète à ce phénomène.
Le défi physiologique de la microgravité
Pendant des décennies, la constipation a été une affliction courante et inexpliquée chez les astronautes en mission. Malgré les efforts de la communauté scientifique, les mécanismes sous-jacents restaient largement méconnus. Cette condition peut engendrer un inconfort significatif et potentiellement affecter la performance et le bien-être des équipages à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS). Comprendre les altérations physiologiques induites par la microgravité est crucial pour la planification et la réussite des vols spatiaux de longue durée.
L’approche métabolomique pour comprendre la digestion
Pour élucider ce mystère, des chercheurs de l’Université de Copenhague, en collaboration avec la NASA, ont entrepris d’analyser les métabolites sanguins des astronautes. Les métabolites sont des molécules présentes dans le sang, vestiges des réactions chimiques du corps, influencées par l’alimentation, les médicaments, l’environnement et le stress. Leur suivi offre une photographie chimique du métabolisme à un instant donné. L’équipe a prélevé de multiples échantillons sanguins auprès de 52 astronautes avant leur départ, pendant leur séjour sur l’ISS entre 2006 et 2018, et après leur retour sur Terre. Ces échantillons ont ensuite été centrifugés pour isoler le plasma, où flottent ces précieux indicateurs.
Fermentation protéique : un marqueur de transit ralenti
Les résultats de l’étude, publiés le 29 juin dans *Nature Communications*, ont révélé une augmentation significative de métabolites liés à la fermentation protéique dans le sang des astronautes, quelques semaines seulement après leur arrivée en orbite. Normalement, les bactéries du gros intestin décomposent les fibres et les glucides non digérés par l’intestin grêle, un processus appelé fermentation. Cependant, lorsque ces nutriments viennent à manquer ou que le transit est ralenti, les bactéries commencent à décomposer les protéines pour survivre. Cette fermentation protéique est généralement associée à un transit intestinal lent et peut entraîner diverses complications de santé. Henrik Roager, directeur du groupe de recherche Nutrition, Microbiome & Métabolomique de l’Université de Copenhague et co-auteur de l’étude, a déclaré dans un communiqué de presse : « L’absence de gravité dans l’espace provoque probablement un mouvement plus lent des aliments à travers l’intestin, ce qui correspond aux signes d’une fermentation protéique accrue que nous observons. Cela peut également aider à expliquer la constipation chez les astronautes. »
Implications pour les futures missions spatiales
Cette découverte apporte une compréhension fondamentale des effets de la microgravité sur le système digestif humain. Identifier la cause sous-jacente de la constipation ouvre la voie au développement de contre-mesures plus efficaces. Pour les futures missions de longue durée, notamment vers Mars, où l’isolement et les contraintes logistiques sont majeurs, la santé gastro-intestinale des astronautes représente un enjeu critique. La mise en place de régimes alimentaires spécifiques, de compléments prébiotiques ou de stratégies pharmacologiques ciblées pourrait améliorer le confort et la performance des équipages. Ces recherches soulignent l’importance d’une approche holistique pour maintenir la santé des explorateurs spatiaux, adaptant la nutrition et la médecine aux défis uniques de l’environnement spatial.