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La NASA déploie le télescope Roman, hommage à la mère de Hubble

La NASA prépare le télescope spatial Nancy Grace Roman, dédié à l'énergie sombre et aux exoplanètes. Un hommage à la «Mère de Hubble».

La NASA déploie le télescope Roman, hommage à la mère de Hubble

Le télescope spatial Nancy Grace Roman, anciennement connu sous le nom de WFIRST, se prépare à son lancement, marquant une étape majeure pour l’astronomie. Ce futur observatoire spatial, nommé en l’honneur de la pionnière Nancy Grace Roman, vise à sonder les mystères de l’énergie sombre, des exoplanètes et de la formation des galaxies. Sa capacité d’observation à large champ le positionne comme un instrument complémentaire aux télescopes existants et futurs.

Le télescope Roman : une mission à large spectre

Le Nancy Grace Roman Space Telescope (NGRST), développé par la NASA, représente la prochaine génération d’observatoires spatiaux. Prévu pour un lancement à la fin des années 2020, il se positionnera au point de Lagrange L2, un emplacement stratégique offrant une vue dégagée et stable sur l’univers. Le télescope Roman est conçu pour aborder des questions fondamentales en astrophysique, notamment la nature de l’énergie sombre, la distribution de la matière noire et la découverte d’exoplanètes.

Avec un miroir primaire de 2,4 mètres, similaire à celui du télescope spatial Hubble, le Roman se distingue par son champ de vision exceptionnellement large. Cette caractéristique lui permettra de cartographier de vastes régions du ciel en un temps record, offrant une perspective sans précédent sur la structure à grande échelle de l’univers. Son approche complémentaire à des missions comme le télescope spatial James Webb (JWST) permettra aux scientifiques de combiner des observations détaillées de zones spécifiques avec des relevés panoramiques.

Nancy Grace Roman : l’architecte du Hubble

Le nom du télescope rend hommage à Nancy Grace Roman (1925-2018), une astronome américaine et pionnière de la NASA, souvent surnommée la «Mère de Hubble». Première femme à occuper un poste de direction à la NASA en 1959, elle a dirigé le programme d’astronomie de l’agence pendant de nombreuses années. C’est sous sa direction qu’ont été jetées les bases des missions d’astronomie spatiale qui ont transformé notre compréhension du cosmos.

Mme Roman a joué un rôle déterminant dans la conception et la planification du télescope spatial Hubble. Sa vision a permis de surmonter les défis techniques et politiques pour concrétiser ce projet ambitieux. Elle a notamment défendu l’importance des observatoires spatiaux pour dépasser les limitations de l’atmosphère terrestre, qui brouille les observations depuis le sol. Son leadership a ouvert la voie à l’ère moderne de l’astronomie spatiale, prouvant la faisabilité et la valeur scientifique de ces missions complexes.

Capacités instrumentales : un œil grand-angle sur l’univers

Le télescope Roman embarque deux instruments principaux. Le Wide Field Instrument (WFI) est un imageur et spectromètre infrarouge doté d’un champ de vision cent fois plus large que la caméra la plus avancée de Hubble. Cette capacité est essentielle pour ses missions d’enquête, permettant d’observer des milliards de galaxies et d’étoiles en un seul passage. Le WFI fonctionnera dans les longueurs d’onde du proche infrarouge, où la lumière des galaxies lointaines est décalée vers le rouge par l’expansion de l’univers.

Le deuxième instrument est le Coronagraph Instrument (CGI), une technologie de pointe conçue pour bloquer la lumière éblouissante des étoiles et permettre l’imagerie directe d’exoplanètes. Le CGI est une mission de démonstration technologique, visant à perfectionner les techniques nécessaires pour les futures missions dédiées à la caractérisation d’exoplanètes habitables. Il utilisera des masques et des optiques adaptatives complexes pour atteindre des niveaux de contraste sans précédent, ouvrant la voie à l’étude des atmosphères exoplanétaires.

Objectifs scientifiques : de l’énergie sombre aux exoplanètes

La mission principale du Roman est de sonder l’énergie sombre, la force mystérieuse responsable de l’accélération de l’expansion de l’univers. Le télescope mesurera la distribution et la croissance des galaxies à travers le temps en utilisant diverses techniques, notamment l’effet de lentille gravitationnelle faible et les oscillations acoustiques baryoniques. Ces observations fourniront des données cruciales pour affiner notre compréhension de l’histoire et du destin de l’univers.

En matière d’exoplanètes, le Roman utilisera la méthode de la microlentille gravitationnelle pour découvrir des milliers de mondes au-delà de notre système solaire. Cette technique, sensible aux exoplanètes situées à de grandes distances de leur étoile et aux planètes errantes, complétera les découvertes des télescopes Kepler et TESS, qui privilégient les transits planétaires. Le Coronographe, quant à lui, cherchera à caractériser directement des exoplanètes gazeuses géantes autour d’étoiles proches, posant les jalons pour la recherche de biosignatures.

Un héritage durable pour l’exploration cosmique

Le télescope spatial Nancy Grace Roman s’inscrit dans la continuité d’un héritage scientifique riche, initié par la figure dont il porte le nom. Sa conception unique, combinant un large champ de vision infrarouge avec des capacités d’imagerie exoplanétaire directe, promet de générer une quantité massive de données. Ces données alimenteront des décennies de recherche, permettant de construire des cartes 3D de l’univers à des époques reculées et de dresser un recensement détaillé des systèmes planétaires.

La mise en service du Roman marquera une nouvelle ère pour l’astronomie d’enquête, transformant notre capacité à détecter des événements transitoires, à cartographier des populations stellaires lointaines et à étudier les processus qui ont façonné les galaxies. Son impact sur la cosmologie et l’exoplanétologie sera significatif, consolidant la contribution de Nancy Grace Roman à la compréhension humaine du cosmos.

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