L’agence spatiale américaine a validé le financement de GIMLI, une mission dédiée à l’étude du puits des Marius Hills. Objectif : déterminer si cette dépression volcanique mène à un tube de lave souterrain susceptible d’abriter de futures bases habitées.
À retenir
- La mission GIMLI (Geophysical Instruments for Marius Lunar pit Investigation) a été annoncée le 30 septembre par la NASA.
- Le site ciblé est le puits des Marius Hills, une formation mesurant approximativement 65 par 90 mètres (213 par 295 pieds) située dans la région d’Oceanus Procellarum.
- Le projet est mené par le Planetary Science Institute (PSI), sous la direction du chercheur principal Than Pu.
- Le financement s’inscrit dans le cadre du programme PRISM (Payloads and Research Investigations on the Surface of the Moon) de la NASA.
Une cible géologique majeure dans l’Oceanus Procellarum
La NASA a officiellement sélectionné une nouvelle proposition de mission visant à sonder les profondeurs d’une structure volcanique lunaire. Le projet se concentre sur le puits des Marius Hills, une vaste ouverture mesurant approximativement 65 par 90 mètres (213 par 295 pieds). Ce site se trouve dans l’Oceanus Procellarum, réputé pour être l’une des zones lunaires présentant la plus grande diversité d’activités volcaniques passées.
Annoncée le 30 septembre, la mission est baptisée GIMLI, pour Geophysical Instruments for Marius Lunar pit Investigation. Ce nom fait référence au personnage de nain amateur de cavernes issu de l’œuvre de J.R.R. Tolkien. L’instrumentation embarquée aura pour tâche de cartographier et de mesurer le sous-sol situé directement sous le puits des Marius Hills afin de vérifier la présence potentielle d’un tube de lave souterrain.
La recherche de tubes de lave souterrains
Les tubes de lave lunaires constituent des formations géologiques théorisées de longue date par les planétologues, mais dont l’existence effective sous la surface de la Lune n’a jamais été formellement confirmée jusqu’à présent. Si la mission parvient à identifier une telle structure ouverte sous le puits, il s’agirait de la toute première preuve de terrain documentée d’un tube de lave lunaire.
Les données collectées par les instruments de GIMLI permettront d’obtenir des informations inédites sur la géologie de la Lune et de préciser les mécanismes de l’activité volcanique qui ont façonné le satellite naturel de la Terre. Ces connaissances géologiques directes sont indispensables pour comprendre l’histoire thermique et tectonique de la région.
Préparer l’établissement humain à long terme
Au-delà de l’intérêt purement scientifique pour la sélène, les résultats de GIMLI serviront directement à concevoir et dimensionner les futures missions humaines habitées. La surface lunaire est soumise à un environnement particulièrement hostile, caractérisé par des radiations cosmiques et des variations thermiques extrêmes, sans aucune protection naturelle contre les agressions du milieu spatial.
Une cavité s’étendant au-delà de l’ouverture du puits pourrait potentiellement offrir un abri de premier plan aux explorateurs humains. Nicky Fox, administratrice associée de la direction des missions scientifiques de la NASA, a indiqué dans un communiqué que l’agence développe un guide de survie interplanétaire visant à placer la science au premier plan pour doter les futurs équipages d’informations, de ressources et de précautions de sécurité indispensables pour affronter la nuit lunaire.
Architecture et pilotage de la mission
Le financement initial de GIMLI est assuré par l’intermédiaire du programme PRISM (Payloads and Research Investigations on the Surface of the Moon), conçu par l’agence pour préparer le terrain en vue d’une présence durable sur la Lune. Toutefois, l’acheminement effectif des instruments sur le sol lunaire passera par le programme CLPS (Commercial Lunar Payload Services), un modèle de partenariat public-privé par lequel l’agence attribue des contrats de livraison à des entreprises commerciales agréées.
À ce stade, la NASA n’a pas encore communiqué de date de lancement officielle ni désigné le prestataire de lancement retenu pour transporter la charge utile. Sur le plan institutionnel, la mission est pilotée par le Planetary Science Institute (PSI), une organisation indépendante à but non lucratif basée à Tucson, en Arizona, dont les activités de recherche en exploration planétaire s’étendent à plus de trente États américains ainsi qu’à plusieurs pays étrangers. La direction scientifique est placée sous la responsabilité de Than Pu, chercheur principal du projet GIMLI.