Le Sardinia Radio Telescope modernisé pour traquer les Sursauts Radio Rapides

Le Sardinia Radio Telescope modernisé poursuit sa quête des Sursauts Radio Rapides, révélant la nature de ces impulsions cosmiques. Découvrez les dernières théories.

Le Sardinia Radio Telescope modernisé pour traquer les Sursauts Radio Rapides

Le Sardinia Radio Telescope (SRT), un instrument de 64 mètres situé en Italie, vient de subir une importante mise à niveau technique. Désormais optimisé, ce radiotélescope emblématique, connu pour sa détection du plus faible FRB jamais enregistré, reprendra ses observations cruciales. Sa mission renouvelée se concentre sur l’élucidation de l’origine et de la nature des Sursauts Radio Rapides, ces mystérieuses impulsions millisecondes d’ondes radio.

Le Sardinia Radio Telescope : un instrument clé

Le Sardinia Radio Telescope (SRT) est un radiotélescope de 64 mètres, situé dans une région montagneuse à 700 mètres au-dessus de la mer Méditerranée, en Sardaigne. Son emplacement a été choisi pour son relatif silence radio et sa protection contre le vent. Après une décennie d’opérations couronnées de succès, le SRT est actuellement hors ligne pour une mise à jour technique. Cette interruption devrait s’achever d’ici septembre.

L’instrument, d’un coût de 60 millions d’euros, ne se limite pas aux observations radioastronomiques générales. Il sert également de composante essentielle au réseau de l’Agence spatiale européenne (ESA) dédié à l’exploration de l’espace lointain. Le SRT peut observer sur une large bande de fréquences, allant de 300 MHz à 116 GHz.

Détail de la surface parabolique du SRT, composée de multiples panneaux en aluminium.

Découverte pionnière des Sursauts Radio Rapides

La renommée du SRT provient notamment de la première détection du Sursaut Radio Rapide (FRB) le plus bas en fréquence identifié à ce jour. Connu sous le nom de FRB 180916, ce phénomène a été détecté à 328 MHz. Sa source a été localisée dans une région de formation stellaire au sein d’une galaxie spirale massive, située à près de 500 millions d’années-lumière de la Terre, dans la constellation boréale de Cassiopée.

Les FRB sont caractérisés par des impulsions intenses d’ondes radio, ne durant que quelques millisecondes, et provenant de distances cosmologiques. La découverte du FRB 180916 par le SRT a marqué une étape significative dans la compréhension de ces événements transitoires. Ce type de détection aide à affiner les modèles théoriques sur la nature de ces signaux cosmiques. Le télescope est maintenu en alignement parabolique par un millier de panneaux en aluminium, chacun soutenu par des actionneurs électromécaniques.

L’énigme des sources de FRB

Les radioastronomes distinguent deux catégories principales de FRB : ceux qui apparaissent comme des événements isolés, et ceux, comme FRB 180916, qui se répètent, parfois avec des périodicités précises. Les FRB isolés pourraient résulter d’explosions uniques, telles que la fusion de deux étoiles à neutrons. En revanche, les répétitions excluent une explosion ponctuelle, comme l’explique Maura Pilia, radioastronome à l’Observatoire astronomique de Cagliari.

Pour les FRB répétitifs, l’explication privilégiée actuelle implique les magnétars. Il s’agit d’étoiles à neutrons dotées de champs magnétiques extrêmement intenses, dont l’énergie est dissipée par des pertes magnétiques colossales. Bien que notre propre Galaxie, la Voie lactée, contienne de nombreux magnétars, tous les FRB détectés jusqu’à présent sont dits extragalactiques, c’est-à-dire qu’ils proviennent de l’extérieur de notre galaxie.

Illustration schématique d'un magnétar, une étoile à neutrons avec un champ magnétique intense.

Compacts célestes et futures investigations

Une certitude demeure concernant les sources de FRB : elles doivent être des objets astrophysiques compacts. Cette contrainte réduit la liste des candidats potentiels aux trous noirs, aux étoiles à neutrons et aux naines blanches. Parmi ces options, les naines blanches sont les moins énergétiques, les rendant moins probables pour expliquer la puissance observée des FRB. L’intensification des recherches s’oriente donc vers les étoiles à neutrons et les trous noirs.

La mise à niveau du SRT devrait considérablement améliorer ses capacités de détection et d’analyse. En intégrant des technologies plus avancées, le télescope sera mieux équipé pour capter des signaux plus faibles ou à des fréquences différentes, permettant ainsi d’affiner notre compréhension de ces phénomènes cosmiques. La collaboration avec l’ESA, via son réseau d’espace lointain, souligne également l’importance stratégique du SRT dans des missions plus larges d’exploration et de surveillance spatiale.


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