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Le télescope eROSITA publie le plus vaste recensement X du cosmos

Le catalogue eROSITA DR2, issu du télescope Spektr-RG, révèle le recensement X le plus complet du cosmos, identifiant des millions de sources et affinant la carte des trous noirs supermassifs.

Le télescope eROSITA publie le plus vaste recensement X du cosmos

Le télescope spatial eROSITA a dévoilé son second catalogue de données (DR2), constituant le recensement le plus complet de l’Univers en rayons X à ce jour. Ce nouveau jeu de données, combinant trois scans complets du ciel, identifie près de 2 millions de sources ponctuelles et 64 000 sources étendues. Il offre une vision approfondie de la distribution des trous noirs actifs et des amas de galaxies.

Une cartographie du ciel profond en rayons X

Lancé en 2019, le télescope eROSITA (extended ROentgen Survey with an Imaging Telescope Array) est l’instrument principal de l’observatoire spatial russo-allemand Spektr-RG. Développé par l’Institut Max Planck de physique extraterrestre (MPE) et ses collaborateurs, sa mission consiste à cartographier le ciel en rayons X mous. Il fournit des images précises et profondes sur de vastes zones, permettant ainsi de dresser une carte détaillée de l’Univers à haute énergie.

Le catalogue DR2 : un recensement inégalé

Cet été, le consortium allemand eROSITA a publié son second catalogue de données (DR2). Celui-ci représente le recensement le plus exhaustif de l’Univers en rayons X jamais mis à disposition. Il intègre les données obtenues durant les 556 premiers jours d’observations de Spektr-RG, cumulées pour détecter davantage d’objets aux flux plus faibles.

Le DR2 liste plus de 1,9 million de sources ponctuelles, principalement des étoiles et des trous noirs en accrétion active. Le catalogue recense également environ 64 000 sources étendues, incluant des amas de galaxies et des rémanents de supernovae, des étoiles à neutrons et des trous noirs actifs. Ce nombre représente près du double des sources identifiées dans la première publication de données.

Illustration des vents et du disque d'accrétion autour d'un trou noir supermassif actif (AGN).

L’approche multi-longueurs d’onde

La détection en rayons X n’est qu’une première étape. Selon Mara Salvato, porte-parole d’eROSITA et présidente du groupe de travail de suivi, la liaison des sources X avec leurs homologues observées à d’autres longueurs d’onde permet d’identifier la nature de ces objets, de déterminer leur position sur l’échelle de distance cosmique et de construire des échantillons d’une ampleur sans précédent. Le catalogue DR2 inclut d’ailleurs des informations multi-longueurs d’onde, reliant les détections X à leurs contreparties optiques et infrarouges les plus probables.

Révélations sur les trous noirs supermassifs

L’analyse de ces données a permis à l’équipe de conclure qu’environ 88 % des sources identifiées sont extragalactiques. Il s’agit majoritairement de trous noirs supermassifs (SMBH) en accrétion active, situés au centre de galaxies au-delà de la Voie lactée. Cette publication coïncide avec la vingtième édition du Sloan Digital Sky Survey (SDSS DR20), qui apporte un ensemble considérable de spectroscopie optique.

La combinaison de ces deux ensembles de données, fruit de près d’une décennie de collaboration scientifique, a rendu possible l’une des études les plus vastes et détaillées des SMBH à ce jour. Les chercheurs pourront ainsi construire des cartes en 3D des trous noirs actifs et suivre leur évolution au cours du temps cosmique. Cela ouvre de nouvelles voies pour comprendre l’impact des SMBH sur la formation et l’évolution des galaxies.

Perspectives pour l’astronomie à haute énergie

Le second catalogue de données d’eROSITA fournit une base de données essentielle pour de futures recherches en astrophysique. Il permet d’affiner notre compréhension des processus énergétiques les plus violents de l’Univers, de la distribution de la matière noire via les amas de galaxies, et du rôle fondamental des trous noirs supermassifs dans la dynamique cosmique. Ces informations sont cruciales pour modéliser l’évolution des structures à grande échelle et l’histoire thermique de l’Univers.

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