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L’ESA confirme la séparation du MTM de BepiColombo pour l’orbite de Mercure

BepiColombo a réussi la séparation de son Module de Transfert vers Mercure le 3 septembre 2026. L'ESA et la JAXA préparent l'orbite de deux sondes d'ici décembre 2026.

L’ESA confirme la séparation du MTM de BepiColombo pour l’orbite de Mercure

Le 3 septembre 2026, la mission BepiColombo, fruit d’une collaboration entre l’ESA et la JAXA, a franchi une étape décisive avec la séparation réussie de son Module de Transfert vers Mercure (MTM). Cet événement marque le début de la phase d’arrivée de la sonde autour de la planète la plus proche du Soleil, après un voyage de 9,9 milliards de kilomètres. La manœuvre ouvre la voie à la mise en orbite de deux orbiters scientifiques en décembre prochain.

Le 3 septembre 2026 à 15h49 CEST, la mission BepiColombo a franchi une étape majeure : la séparation réussie de son Mercury Transfer Module (MTM). Cet événement, attendu par les équipes du Centre européen d’opérations spatiales (ESOC) de l’Agence spatiale européenne (ESA) et de la Japan Aerospace Exploration Agency (JAXA), marque le début de la phase d’arrivée de la sonde autour de Mercure.

Le succès d’une étape clé

La séparation du MTM constitue le premier jalon essentiel dans l’approche de BepiColombo vers la planète Mercure. Après un voyage de huit années et 9,9 milliards de kilomètres à travers le Système solaire interne, ponctué par neuf survols planétaires, la sonde est désormais prête à entamer la séquence complexe de sa mise en orbite. Cette phase finale est considérée par l’ESA comme l’une des manœuvres d’arrivée planétaire les plus délicates jamais tentées, exigeant une précision opérationnelle maximale.

Schéma détaillé de l'architecture de BepiColombo, illustrant le MTM et les orbiters scientifiques.

Le rôle crucial du module de transfert

Le Mercury Transfer Module (MTM) a joué un rôle déterminant durant les huit années de voyage de BepiColombo depuis la Terre. C’est grâce à lui que la sonde a pu parcourir cette distance considérable, le MTM ayant assuré l’alimentation électrique et la propulsion électrique solaire (SEP) nécessaire à la navigation complexe de la mission. Sa tâche étant désormais achevée, le MTM s’est détaché de l’ensemble de la sonde, laissant la voie libre aux opérations orbitales.

Ce module a été l’épine dorsale de la propulsion de BepiColombo, permettant à la sonde de résister aux rigueurs de l’environnement spatial et d’atteindre avec précision la cible lointaine de Mercure. Sa conception innovante a été fondamentale pour la réussite de ce long transit interplanétaire, préparant la phase scientifique de la mission sans encombre.

L'équipe de contrôle de mission de l'ESA à l'ESOC durant la phase critique de séparation du MTM.

Une confirmation à distance

La séquence opérationnelle précédant la séparation a été le fruit de mois de simulations rigoureuses. Le 3 septembre 2026 à 12h00 CEST, l’équipe de contrôle de mission (MCT) à Darmstadt, en Allemagne, a donné le feu vert officiel pour la manœuvre. La séparation effective du MTM était prévue à 14h00 CEST.

Après la séparation, le reste de la sonde est entré en mode sécurisé (safe mode), a réajusté son orientation et s’est reconfiguré avant de transmettre son statut à la Terre. Un délai de près de deux heures a été nécessaire pour que le signal de confirmation, parcourant 200 millions de kilomètres, parvienne à l’ESOC. Un premier signal Doppler, reçu à 14h20 CEST, a fourni la première indication de la réussite de la séparation, confirmée plus tard par l’acquisition complète du signal à 15h49 CEST.

L’émotion était palpable au Centre de contrôle principal. Frank Budnik, responsable de la dynamique de vol, a confirmé via la boucle vocale que les données Doppler attestaient clairement de la séparation. Ce moment, décrit comme « très puissant » par Emmanuel, l’un des membres de l’équipe, a été le couronnement de longues années de travail et de préparation acharnée.

Objectif Mercure : deux sondes en orbite

La séparation du MTM n’est que la première d’une série de manœuvres clés qui culmineront en décembre 2026. À cette date, BepiColombo deviendra la première mission à placer deux engins spatiaux en orbite autour de Mercure : le Mercury Planetary Orbiter (MPO) de l’ESA et le Mercury Magnetospheric Orbiter (MMO) de la JAXA, renommé Mio.

Ces deux orbiters travailleront en synergie pour étudier la composition et l’environnement de Mercure, son champ magnétique, sa magnétosphère et sa surface. Les données recueillies fourniront des informations inédites sur la formation et l’évolution des planètes telluriques, offrant une compréhension approfondie de la planète la plus énigmatique de notre voisinage stellaire. La réussite de cette phase d’arrivée est donc essentielle pour la science future de la mission et pour l’avancement de notre connaissance du Système solaire interne.

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