La NASA a annoncé l’attribution de contrats totalisant 590,4 millions de dollars à trois entreprises aérospatiales pour la livraison de quatre atterrisseurs lunaires d’ici 2028. Ces missions s’inscrivent dans le programme Commercial Lunar Payload Services (CLPS) et visent à renforcer la présence américaine sur la Lune, en préparation des futures installations habitées. Elles transporteront des instruments standardisés pour l’étude de l’environnement spatial.
Quatre atterrisseurs supplémentaires pour fin 2028
La NASA a officialisé, le 30 juin, de nouveaux contrats majeurs dans le cadre de son programme Commercial Lunar Payload Services (CLPS). Ces accords, d’un montant total de 590,4 millions de dollars, portent sur le développement et le lancement de quatre atterrisseurs lunaires supplémentaires, prévus pour fin 2028. Trois entreprises aérospatiales ont été sélectionnées : Astrobotic, basée à Pittsburgh, a obtenu deux contrats, tandis que Firefly Aerospace et Intuitive Machines, toutes deux basées au Texas, ont chacune reçu une attribution. Ces atterrisseurs, bien que développés par des entités distinctes, partageront une instrumentation de base commune et essentielle pour les objectifs scientifiques et préparatoires de l’agence spatiale américaine.
Chacun des quatre engins embarquera des instruments identiques dédiés à l’étude de l’environnement radiatif durant le transit vers la Lune, un aspect crucial pour la sécurité des futures missions habitées. Des caméras stéréoscopiques documenteront également le panache de régolithe soulevé lors de l’atterrissage, fournissant des données précieuses sur les interactions entre les propulseurs et la surface lunaire. Un réseau de rétroréflecteurs laser (Laser Retroreflector Array) sera également intégré, permettant des mesures de distance très précises depuis la Terre. D’autres charges utiles pourront être ajoutées ultérieurement, en fonction des besoins scientifiques ou technologiques de la NASA.

Le programme CLPS et les missions « Moon Base »
Ces nouvelles attributions s’inscrivent dans une stratégie plus vaste du programme CLPS, conçu pour faire appel à l’industrie privée pour transporter des charges utiles scientifiques et technologiques vers la surface lunaire. Plusieurs missions CLPS déjà en cours de développement ont été renommées et regroupées sous l’appellation « Moon Base », soulignant leur rôle précurseur pour l’établissement d’une présence humaine durable.
Parmi elles, la mission Moon Base 1 verra l’atterrisseur Endurance de Blue Origin cibler un site près du pôle sud lunaire. Initialement prévue pour fin 2026, cette mission a été décalée à 2027 suite à la perte d’une fusée New Glenn et à des dommages au pas de tir. La mission Moon Base 2, opérée par l’atterrisseur Griffin 1 d’Astrobotic, transportera le rover Flex Lunar Innovation Platform d’Astrolab. Son objectif est Mons Mouton, également situé au pôle sud lunaire, avec un lancement toujours programmé pour fin 2026. Enfin, Moon Base 3 utilisera une version repensée de l’atterrisseur Nova-C d’Intuitive Machines, potentiellement en 2026, pour se diriger vers Reiner Gamma, une formation géographique connue sous le nom de « tourbillon lunaire ». Ces engins transporteront divers instruments et démonstrateurs technologiques, certains ayant une vocation plus scientifique, d’autres plus axés sur la validation de technologies pour les missions futures.

Un rover martien réaffecté à la Lune ?
En marge de ces annonces, la NASA a également évoqué la possibilité de reconvertir un modèle d’ingénierie à pleine échelle des rovers Curiosity et Perseverance du Jet Propulsion Laboratory (JPL), initialement nommé Optimism. Ce rover, désormais rebaptisé Promise (pour Polar Rover for Observation, Mapping and In-Situ Exploration), pourrait être équipé de nouveaux instruments et déployé sur la Lune. Une telle réaffectation représenterait une optimisation des ressources existantes et une opportunité d’adapter des capacités d’exploration éprouvées à l’environnement lunaire, en particulier pour les régions polaires qui présentent un intérêt scientifique et stratégique majeur en raison de la présence de glace d’eau. La décision finale concernant cette mission Promise reste à confirmer, mais sa mention indique la volonté de l’agence d’explorer toutes les pistes pour accélérer l’exploration lunaire.
Vers une base lunaire permanente
Au total, la NASA prévoit d’envoyer 17 atterrisseurs sur la Lune au cours des prochaines années. Ces missions, intégrées au programme « Moon Base », constituent une préparation intensive pour les missions habitées Artemis, dont l’objectif est de ramener des astronautes sur la surface lunaire et d’établir une présence durable. L’ambition de l’agence est de passer de courtes expéditions à une installation permanente, avec la vision d’une base lunaire étendue d’ici 2030. Cet effort concerté, impliquant des partenariats public-privé via le programme CLPS, vise à développer l’infrastructure nécessaire, à tester les technologies essentielles et à mieux comprendre l’environnement lunaire pour soutenir des opérations à long terme. L’exploration du pôle sud lunaire, en particulier, est stratégique pour l’accès aux ressources en eau gelée, indispensables à la survie des équipages et à la production de carburant pour de futures missions vers Mars. La série d’atterrisseurs et de rovers prévus contribue à cette feuille de route ambitieuse, jetant les bases d’une nouvelle ère de l’exploration spatiale.

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