La NASA a récemment mené des tests intensifs dans le désert du Colorado avec un nouveau prototype de rover, baptisé ERNEST. Ce véhicule compact de 1,2 mètre démontre des capacités de mobilité et d’autonomie avancées, ouvrant la voie à l’exploration de terrains lunaires et martiens complexes. Ses performances dépassent significativement celles des rovers actuels comme Curiosity et Perseverance.
La NASA a récemment mené des tests intensifs dans le désert du Colorado avec un nouveau prototype de rover, baptisé ERNEST (Exploration Rover for Navigating Extreme Sloped Terrain). Ce véhicule compact est conçu pour repousser les limites de la mobilité robotique et de l’autonomie sur des paysages lunaires et martiens complexes, marquant une étape clé pour les futures missions d’exploration.
Un prototype agile pour de longues distances
Le prototype ERNEST, mesurant 1,2 mètre de long, a récemment parcouru une distance impressionnante de 26 kilomètres dans le désert du Colorado. Ces essais, étalés sur sept jours pour un total de 37 heures de conduite, ont démontré sa capacité à naviguer avec une intervention minimale de l’équipe d’ingénieurs. Il a atteint des vitesses allant jusqu’à 1 kilomètre par heure, un ordre de grandeur supérieur aux vitesses maximales de déplacement des rovers martiens actuels comme Perseverance et Curiosity.
Cette performance établit de nouveaux standards pour l’exploration robotique. James Keane, scientifique planétaire au JPL travaillant sur les missions lunaires, a commenté : « Ce véhicule permettrait de réaliser un véritable road trip scientifique à travers la Lune ou Mars. » Les avancées en autonomie permettent au rover de prendre des décisions indépendantes, optimisant son cheminement sur des terrains difficiles.
Une suspension active pour surmonter les obstacles
L’une des innovations majeures d’ERNEST réside dans son système de suspension active. Contrairement au système rocker-bogie passif, éprouvé sur tous les rovers martiens depuis Sojourner, ERNEST peut gérer activement la répartition du poids entre ses roues. Ses deux articulations motorisées avant actionnent un cardan, permettant au rover d’adopter diverses « allures » : rampement, marche sur roues ou escalade d’obstacles. Il peut même soulever individuellement chacune de ses roues pour franchir des défis qui bloqueraient les rovers existants.
Ce prototype est capable de basculer entre suspension active et passive grâce à un mécanisme d’embrayage. Cette flexibilité lui confère une adaptabilité inédite face aux environnements extrêmes. Issa Nesnas, technologue principal au JPL et responsable de l’autonomie pour un concept de mission lunaire, explique : « Ces tests nous aident à affiner le matériel de mobilité et le logiciel d’autonomie pour parcourir des distances extrêmes sur une large gamme de terrains et de conditions d’éclairage anticipées sur la Lune. »
Préparer les explorations lunaires et martiennes lointaines
Le développement d’ERNEST sert de banc d’essai pour des missions futures nécessitant des vitesses plus élevées et des kilométrages bien supérieurs à ceux réalisables par les rovers actuels. La technologie embarquée pourrait être intégrée à de futurs designs pour l’exploration de la Lune et au-delà, ouvrant l’accès à des zones de la planète rouge ou de notre satellite naturel jusqu’alors inaccessibles en raison de leur complexité topographique.
L’équipe d’Issa Nesnas utilise ERNEST pour démontrer qu’il est possible de construire un rover deux fois plus grand que le prototype, capable d’accomplir des missions lunaires de longue distance. L’objectif initial était de concevoir un rover relativement simple et à faible coût, tout en faisant progresser le système de suspension éprouvé. Cette approche permet d’imaginer des véhicules robustes et efficaces pour les défis à venir.
Un pas vers des expéditions robotiques étendues
Les avancées incarnées par ERNEST représentent un jalon significatif pour l’exploration spatiale robotique. La capacité à parcourir de vastes étendues de terrain accidenté avec une autonomie accrue permettra aux scientifiques d’accéder à des sites d’intérêt géologique ou astrobiologique qui restaient hors de portée. Cela ouvre la perspective de « road trips » scientifiques, comme le souligne James Keane, qui pourraient révolutionner notre compréhension de la géologie et de l’habitabilité de la Lune et de Mars.
Ces technologies ne sont pas seulement destinées à augmenter la distance parcourue, mais aussi à réduire le temps passé par les équipes au sol à planifier chaque mouvement. En rendant les rovers plus autonomes et plus agiles, la NASA prépare le terrain pour des missions plus ambitieuses, plus longues et potentiellement plus risquées, maximisant ainsi le retour scientifique des investissements dans l’exploration de notre système solaire.
Source : Lire l’article original
À lire aussi sur La Gazette Spatiale