L’agence spatiale américaine, la NASA, a lancé un appel à propositions préliminaire via son programme NextSTEP-3, Annexe A, le 29 juin 2026. Cette initiative vise à accélérer le développement de technologies cruciales pour les infrastructures lunaires et cislunaires. L’objectif est de combler des lacunes technologiques clés et de porter des systèmes essentiels aux niveaux de maturité requis.
L’appel à projets NextSTEP-3 pour l’infrastructure lunaire
Le 29 juin 2026, la NASA a publié une ébauche de son Appel à Propositions Général (Broad Agency Announcement – BAA) dans le cadre de NextSTEP-3, Annexe A. Ce document invite les entités industrielles et de recherche à soumettre des concepts visant à faire progresser la maturité technologique de systèmes critiques. L’initiative se concentre spécifiquement sur les architectures futures pour la surface lunaire et l’espace cislunaire, une zone orbitale autour de la Lune.
L’objectif central de cette démarche est de réduire les risques techniques et d’accélérer la préparation de ces technologies. Les efforts financés devront démontrer la viabilité de systèmes clés, contribuant directement aux objectifs de la future base lunaire de la NASA. Cette approche est conçue pour garantir le succès des missions à court terme, en posant les jalons d’une présence humaine durable sur et autour de la Lune.
Technologies ciblées pour une autonomie accrue
L’appel de la NASA met l’accent sur plusieurs domaines technologiques prioritaires, identifiés comme essentiels pour l’établissement d’une infrastructure lunaire robuste. Parmi ceux-ci figurent les panneaux solaires verticaux, conçus pour maximiser la capture d’énergie solaire sur la surface lunaire malgré les ombres et les longs cycles jour/nuit. Ces systèmes sont cruciaux pour l’alimentation électrique des bases et des équipements.
Un autre axe majeur est la production d’oxygène ISRU (In Situ Resource Utilization). Il s’agit de développer des systèmes capables d’extraire et de purifier l’oxygène à partir des ressources présentes sur la Lune, comme le régolithe ou la glace d’eau. Cette capacité réduirait considérablement la dépendance aux approvisionnements terrestres. Le programme s’intéresse également aux générateurs thermoélectriques à radioisotopes Stirling, des sources d’énergie compactes et fiables, vitales pour les opérations dans les régions polaires ou durant les longues nuits lunaires.
L’ingénierie en orbite (in-space manufacturing) et la production de nanomatériaux avancés sont également des priorités. Ces technologies permettraient de construire, réparer et adapter des structures directement dans l’espace ou sur la Lune, utilisant des matériaux optimisés pour l’environnement hostile. Elles représentent une étape clé vers une autonomie opérationnelle et une réduction des coûts logistiques.
Maturité technologique : du laboratoire à la Lune
L’un des buts principaux de cette sollicitation est de faire évoluer les solutions concurrentes jusqu’à un niveau de préparation technologique (Technology Readiness Level – TRL) de 5 à 6. Le TRL 5 implique une validation de l’ingénierie dans un environnement pertinent, tandis que le TRL 6 signifie une démonstration du prototype ou du système dans un environnement représentatif de l’espace.
La NASA insiste sur la nécessité de réduire les risques associés à ces innovations et de procéder à des tests au sol rigoureux. Cette approche méthodologique est essentielle pour s’assurer que les technologies sont suffisamment robustes et fiables avant toute intégration dans des missions réelles. L’appel, désigné sous le nom de Lunar Enabling Infrastructure Accelerator (LEIA), cherche ainsi à identifier les domaines nécessitant une validation et une maturation supplémentaires.
Vers une présence humaine permanente
Le développement de ces capacités transformatives est directement lié à la vision à long terme de la NASA pour une présence humaine durable sur la Lune. Les technologies financées par NextSTEP-3, Annexe A, sont des piliers pour la construction et l’exploitation d’une base lunaire pérenne, permettant des séjours prolongés pour les astronautes et la conduite de recherches scientifiques approfondies.
L’autonomie énergétique, la capacité à produire des ressources in situ et la fabrication d’éléments en espace sont autant de facteurs qui réduiront la dépendance aux missions de ravitaillement coûteuses et complexes depuis la Terre. Cela ouvre la voie à une exploration plus ambitieuse, non seulement de la Lune, mais aussi comme tremplin pour de futures missions habitées vers Mars et au-delà.
Enjeux stratégiques de l’exploration lunaire
Cet appel à propositions souligne l’engagement continu de la NASA dans la mise en place d’une infrastructure robuste pour l’exploration lunaire. Dans un contexte international où de nombreuses nations et entreprises privées se tournent vers la Lune, la maîtrise de ces technologies de base devient un avantage stratégique majeur. La capacité à développer rapidement des solutions viables et à faible risque est déterminante pour le leadership des États-Unis dans l’exploration spatiale.
Les partenariats public-privé, favorisés par des mécanismes comme le BAA, sont essentiels pour mobiliser l’innovation et l’expertise du secteur industriel. Ces avancées technologiques ne serviront pas uniquement les ambitions lunaires, mais potentiellement d’autres missions spatiales, renforçant l’ensemble des capacités d’exploration et d’exploitation de l’espace profond.
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