Des astronomes ont identifié pour la première fois dans notre galaxie un système de trou noir dont le jet de matière est directement orienté vers la Terre. Classé comme microblazar, cet objet baptisé IRAS 18293-0941 se situe à 12 000 années-lumière.
À retenir
- Annonce faite par les astronomes le 22 septembre 2026 suite à une étude acceptée par la revue Astronomy & Astrophysics.
- Le système nommé IRAS 18293-0941 est distant de 12 000 années-lumière et situé dans notre galaxie.
- Le trou noir expulse de la matière à trois quarts de la vitesse de la lumière via deux jets distincts.
- L’étoile compagne orbite autour du trou noir selon une période de 11,38 jours.
Une découverte inédite dans notre galaxie
Jusqu’à présent, les jets de matière orientés vers la Terre n’avaient été observés que sur des trous noirs supermassifs situés au cœur de galaxies lointaines, une catégorie d’objets astrophysiques appelée blazars. Le 22 septembre 2026, une équipe internationale d’astronomes issus d’institutions en Espagne, aux Pays-Bas et en Argentine a officialisé la découverte d’un équivalent à l’échelle stellaire au sein même de notre propre galaxie.
Ce système, baptisé IRAS 18293-0941, est désormais qualifié de microblazar. S’appuyant sur des données pré-publiées sur la plateforme arXiv le 1er septembre 2026, les chercheurs démontrent pour la première fois qu’un trou noir stellaire peut également aligner son axe d’éjection directement dans la direction du système solaire.
La structure et la dynamique du système IRAS 18293-0941
Le système binaire est composé d’un trou noir et d’une étoile compagne. Cette dernière orbite autour du trou noir en 11,38 jours et alimente continuellement l’objet compact en matière. En retour, le trou noir expulse ce matériel sous la forme de deux jets opposés progressant à trois quarts de la vitesse de la lumière.
L’un de ces flux relativistes est pointé vers la Terre, tandis que le second est orienté dans la direction opposée. La présence de ce second jet a pu être confirmée grâce à l’analyse de son interaction avec son environnement immédiat. En traversant un nuage de gaz et de poussière interstellaire, ce jet opposé a creusé une bulle et réchauffé la paroi externe, provoquant une lueur observable par les instruments astronomiques.

Selon Josep Martí, chercheur à l’Université de Jaén et auteur principal de l’étude, l’objet était présent dans les catalogues depuis des décennies mais demeurait dissimulé derrière d’épais nuages de poussière galactique, le rendant essentiellement invisible dans le domaine optique conventionnel.
Méthodes d’observation et confirmation des données
L’identification de ce microblazar a débuté par la détection de faibles variations lumineuses émanant de l’étoile compagne. Les chercheurs ont ensuite eu recours à des radiotélescopes pour isoler la signature caractéristique d’un jet d’origine relativiste pointant vers le système solaire.
Pour s’assurer que le rayonnement détecté provenait bien de l’environnement proche de l’étoile et non d’une source extragalactique lointaine, l’équipe a combiné des observations radio et optiques. Cette corrélation de données a permis de localiser précisément IRAS 18293-0941 à une distance estimée à 12 000 années-lumière de la Terre.
Perspectives pour l’astrophysique des hautes énergies
L’étude de ce microblazar offre aux astrophysiciens un laboratoire naturel pour analyser les mécanismes d’accrétion et d’éjection de matière à des vitesses proches de celle de la lumière. La validation de ces observations par la revue Astronomy & Astrophysics marque une étape importante dans la compréhension des populations de trous noirs stellaires au sein de la Voie lactée.
Les chercheurs estiment que la découverte d’IRAS 18293-0941 pourrait n’être que la première d’une série. D’autres systèmes similaires, actuellement masqués par la poussière galactique ou classés sous d’autres désignations dans les archives astronomiques, pourraient posséder des caractéristiques comparables et faire l’objet de nouvelles campagnes d’observation ciblées en radioastronomie.