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Une revue retire deux articles de Max Planck des années 1940

Des historiens découvrent la rétractation inexpliquée de deux articles de Max Planck par la revue Naturwissenschaften. Une enquête éclaire ce mystère.

Une revue retire deux articles de Max Planck des années 1940

Des historiens de la physique ont récemment mis en lumière la rétractation inexpliquée de deux articles publiés par Max Planck dans les années 1940. Ces travaux, initialement parus dans la revue Naturwissenschaften, ont été entièrement retirés des archives numériques sans explication détaillée. Cette découverte soulève des questions sur les raisons de cette suppression concernant l’œuvre d’un lauréat du prix Nobel.

L’intégrité archivistique de la science a été récemment interpellée par la découverte d’une anomalie concernant l’œuvre du physicien allemand Max Planck. Deux de ses articles, publiés dans les années 1940, ont été discrètement retirés des archives numériques de la revue scientifique Naturwissenschaften, aujourd’hui connue sous le nom de The Science of Nature.

Cette révélation émane de travaux menés par deux historiens, Yves Gingras de l’Université du Québec à Montréal et Mahdi Khelfaoui de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Leur enquête, dont les conclusions ont été partagées dans une prépublication sur la plateforme *arXiv*, met en lumière un processus de retrait inhabituel pour des contributions d’une figure aussi emblématique de la physique moderne.

La découverte inattendue

L’historien Yves Gingras examinait la liste de *Retraction Watch*, un blog qui répertorie les rétractations d’articles scientifiques, lorsqu’il a été surpris d’y voir le nom de Max Planck. Lauréat du prix Nobel de physique en 1918 pour sa découverte des quanta, Planck est une figure fondatrice de la mécanique quantique, et son intégrité scientifique n’avait jamais été mise en doute.

Intrigué par cette inclusion, Gingras a sollicité la collaboration de Mahdi Khelfaoui pour approfondir les recherches. Leur travail s’est concentré sur les conditions de cette rétractation et la nature des articles concernés. Les deux historiens ont mis en évidence que les papiers avaient été publiés à une période critique de l’histoire allemande.

Un mode de retrait singulier

La procédure de retrait observée pour ces deux articles de Planck diffère significativement des pratiques habituelles de la revue. Généralement, lorsqu’un article est rétracté, Naturwissenschaften appose une mention « RETRACTED » bien visible sur la version numérique, mais maintient l’accès au contenu original.

Dans le cas des travaux de Planck, les papiers ont été entièrement supprimés des archives en ligne. Les liens directs vers ces articles mènent désormais à une page vide ou à des fichiers PDF dépourvus de contenu. Une note laconique indique que les articles ont été « withdrawn due to article violation » (retirés en raison d’une violation d’article), sans plus de précision sur la nature exacte de cette « violation ».

L’enquête se poursuit

Cette absence de transparence autour du motif de la rétractation est au cœur des préoccupations des historiens. Compte tenu de la stature scientifique de Max Planck et de l’absence de toute suspicion antérieure sur la validité de ses recherches, la situation soulève des questions importantes sur les fondements d’une telle décision, prise plusieurs décennies après la publication initiale.

Les historiens Gingras et Khelfaoui cherchent désormais à établir si cette rétractation fut une décision éditoriale basée sur des erreurs scientifiques avérées, ou si d’autres facteurs, potentiellement liés au contexte politique de l’époque, ont pu influencer cette suppression. Leurs travaux visent à reconstituer le fil des événements et à élucider ce mystère archivistique.

La valeur de l’intégrité scientifique

La persistance de ce type d’énigmes archivistique met en évidence l’importance capitale de la traçabilité et de la transparence dans la publication scientifique. Chaque rétractation, en particulier pour des travaux historiques majeurs, doit être accompagnée d’une explication claire et documentée afin de préserver l’intégrité du corpus scientifique.

L’investigation de ces deux historiens rappelle que l’histoire de la science ne se limite pas à la succession des découvertes, mais englobe également l’étude des processus de validation, de diffusion et, parfois, de rectification des connaissances. Comprendre les raisons de cette suppression pourrait offrir des éclaircissements sur les pratiques éditoriales de l’époque et leurs éventuelles implications au-delà du simple contenu scientifique.


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