Dans la réserve de Pleasant Point Passamaquoddy (Sipayik) du Maine, des élèves de cinquième année ont mené une étude approfondie sur l’érosion côtière. Ce projet, soutenu par le programme NASA Science Activation, a intégré les méthodes scientifiques occidentales aux savoirs traditionnels autochtones. Leurs recherches ont documenté les changements du littoral, permettant d’envisager des stratégies de résilience locales.
Dans la réserve de Pleasant Point Passamaquoddy (Sipayik) dans le Maine, des élèves de cinquième année ont mené une étude approfondie sur l’érosion côtière. Ce projet, soutenu par le programme NASA Science Activation, a innové en intégrant les méthodes scientifiques occidentales aux savoirs traditionnels autochtones. Les recherches ont permis aux jeunes de documenter les changements de leur littoral et d’envisager des stratégies de résilience face à la perte de terrain.
Un littoral en mutation constante
La baie de Passamaquoddy, dans l’est du Maine, abrite depuis des générations les communautés autochtones qui y ont appris des marées et de la terre. Cependant, la côte connaît aujourd’hui des transformations rapides, avec une érosion qui grignote progressivement des terres chargées d’histoire. La question centrale pour les partenaires de ce projet était de comprendre la signification de cette érosion pour une population ayant déjà fait face à de nombreuses pertes territoriales.
L’initiative a démarré à l’été 2023, suite à un atelier sur le changement climatique en Alaska. L’équipe Learning Ecosystems Northeast (LENE), issue du programme SciAct de la NASA, a alors collaboré avec des leaders et scientifiques autochtones. L’objectif était de développer un programme éducatif pour les élèves de l’école primaire de Sipayik, afin de leur permettre de comprendre les dynamiques à l’œuvre dans leur environnement direct.
Fusion des savoirs : science et tradition
En mars 2025, neuf élèves de cinquième année ont débuté un programme de cinq semaines. Ils ont exploré les phénomènes d’érosion à travers une approche mixte. Leurs activités comprenaient des visites de sites locaux et l’écoute de récits d’aînés qui partageaient leurs souvenirs de l’évolution du littoral. Ces témoignages oraux ont fourni des données historiques essentielles pour mesurer les changements.
Les élèves ont également mené des expériences pratiques. Ils ont construit des bacs d’érosion avec des matériaux simples pour simuler l’action des vagues sur le terrain. Ils ont mesuré les lignes de marée haute actuelles et les ont comparées à des données historiques, acquérant ainsi une compréhension directe des processus géomorphologiques.
Analyse de données historiques et satellitaires
L’étude a intégré l’analyse de documents visuels et cartographiques. Les jeunes chercheurs ont examiné d’anciennes photographies et des images aériennes datant de 1942 à 2023 pour visualiser le déplacement du rivage au fil des décennies. Un aspect fondamental du projet a été la comparaison de cartes tribales vieilles de 300 ans avec des projections d’inondations futures.
Cette approche a démontré aux élèves que la science ne se limite pas aux manuels scolaires. Un observateur du projet a souligné que « nos ancêtres étaient des scientifiques sans avoir eu besoin d’aller à l’école ». Cette reconnaissance a renforcé le sentiment d’appartenance et la fierté des élèves, qui ont perçu la résilience comme une part intrinsèque de leur identité culturelle et de leur capacité à s’adapter.
Présentation des travaux et reconnaissance
En juin 2026, les élèves ont été invités à présenter leurs travaux à l’Institut de Recherche du Golfe du Maine. Ils ont voyagé pendant 3,5 heures pour cette opportunité unique de partager leurs découvertes avec des scientifiques, le personnel de l’institut et des stagiaires universitaires. Au cours de la session de questions-réponses, un participant a interrogé les élèves sur la difficulté à lire les diverses cartes utilisées.
Une élève a précisé que ces documents n’étaient pas de simples cartes, mais des images satellites de la NASA, soulignant l’apport technologique dans leur recherche.
Perspectives d’avenir et renforcement culturel
Le projet prévoit d’étendre son champ d’action en invitant davantage d’aînés à partager leurs connaissances et en ajoutant de nouveaux sites d’étude sur le terrain. L’objectif est de renforcer les liens linguistiques et culturels au sein de la communauté.
Les organisateurs envisagent également de partager les résultats des travaux des élèves avec d’autres jeunes autochtones, afin de diffuser cette approche pédagogique. La planification de stratégies de résilience durables constitue un axe majeur pour le futur du projet, garantissant une meilleure adaptation de la communauté de Sipayik face aux défis environnementaux à venir.
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