La fusée européenne Vega-C s’apprête à décoller depuis Kourou, en Guyane française, pour sa mission VV30. Elle mettra en orbite deux satellites majeurs : Copernicus Sentinel-3C, dédié à la surveillance océanique et atmosphérique, et le Fluorescence Explorer (FLEX), qui cartographiera la santé de la végétation terrestre. Ce lancement, le deuxième pour la Vega-C en 2026, renforce les capacités européennes d’observation de la Terre.
Lancement de la mission VV30 depuis Kourou
La mission VV30 de la fusée Vega-C est prévue pour le 14 septembre 2026. Le décollage aura lieu depuis l’Ensemble de Lancement Vega, au Centre Spatial Guyanais de Kourou, à 01h21 UTC (3h21 CEST / 22h21 locales en Guyane). Il s’agira du deuxième lancement Vega-C de l’année 2026 et du huitième vol global pour ce lanceur. Cette mission est intégralement gérée par la société italienne Avio, marquant la deuxième fois que l’entreprise assure seule la supervision d’une telle opération. La capacité d’emport de la Vega-C est d’environ 2 300 kg vers une orbite héliosynchrone de 700 km, soit une augmentation de 50% par rapport à son prédécesseur, le lanceur Vega original. Le déploiement des deux satellites s’effectuera à une altitude de 820 km avec une inclinaison de 98,6 degrés, sur une période d’environ 116 minutes après le décollage.
Copernicus Sentinel-3C : sentinelle des océans et de l’atmosphère
Le premier satellite à être déployé sera Copernicus Sentinel-3C, environ une heure après le décollage. Géré par l’Organisation européenne pour l’exploitation des satellites météorologiques (EUMETSAT), il constitue le troisième exemplaire de la série Sentinel-3. Cet instrument est équipé pour la surveillance détaillée de la couleur des océans, l’élévation du niveau de la mer et la topographie océanique. Il joue également un rôle crucial dans le suivi des changements atmosphériques et la détection des incendies de forêt. Les données collectées par Sentinel-3C sont essentielles pour la modélisation climatique, la gestion des ressources marines et la compréhension des phénomènes environnementaux à l’échelle mondiale.
FLEX : l’explorateur de la fluorescence végétale
Le second satellite de la mission, le Fluorescence Explorer (FLEX), sera déployé près d’une heure après Sentinel-3C. Géré par l’Agence Spatiale Européenne (ESA), FLEX est conçu pour cartographier la fluorescence chlorophyllienne induite par le soleil (SIF). Cette émission de lumière très faible est un indicateur direct et précis de l’activité photosynthétique et de la santé des plantes. Les informations fournies par FLEX permettront d’améliorer considérablement la compréhension du cycle du carbone, d’optimiser les pratiques agricoles et de surveiller l’état des écosystèmes terrestres. La mission contribuera à une meilleure gestion de l’environnement face aux défis du changement climatique et de la sécurité alimentaire.

La fusée Vega-C : une architecture robuste et polyvalente
La Vega-C, d’une hauteur de 34,8 mètres, est un lanceur léger doté de quatre étages. Les trois premiers étages utilisent des propulseurs à propergol solide : le P120C, le Zefiro-40 et le Zefiro-9. Le P120C est développé par Europropulsion, une coentreprise entre Avio et Arianespace, tandis que les Zefiro-40 et Zefiro-9 sont produits par Avio. Le quatrième étage, appelé Attitude Vernier Upper Module (AVUM+), est un étage supérieur à propergol liquide réallumable, également produit par Avio. Il est propulsé par un moteur ukrainien RD-843 et peut effectuer jusqu’à sept allumages distincts. L’AVUM+ utilise des propergols hypergoliques : de l’UDMH (diméthylhydrazine asymétrique) et du tétroxyde de diazote (N2O4) comme oxydant. Cette architecture confère à Vega-C une grande flexibilité pour le déploiement de multiples charges utiles sur diverses orbites.

Une contribution essentielle à l’observation terrestre européenne
Le lancement de Copernicus Sentinel-3C et FLEX représente une avancée significative pour les programmes d’observation de la Terre européens. Ces satellites fourniront des données inestimables pour la recherche scientifique, la surveillance environnementale et les applications opérationnelles. Ils renforceront la capacité de l’Europe à comprendre et à anticiper les défis écologiques, du suivi de la santé des forêts à l’analyse des dynamiques océaniques. Ces missions confirment le rôle central des infrastructures spatiales européennes dans l’effort global de protection de notre planète et de ses ressources vitales.