Le 17 août 1877, l’astronome américain Asaph Hall découvrait Phobos, la première des deux lunes de Mars. Peu après, il identifiait Deimos. Ces deux corps célestes irréguliers, probablement des astéroïdes capturés, sont les seuls satellites naturels connus de la planète rouge et offrent des perspectives sur son histoire dynamique.
Il y a 149 ans, l’astronome américain Asaph Hall réalisait une percée majeure dans la compréhension de notre voisinage planétaire. Le 17 août 1877, en observant Mars depuis l’Observatoire naval des États-Unis à Washington D.C., Hall identifiait un petit corps orbitant la planète rouge. Il s’agissait de Phobos, la première lune martienne connue. Quelques jours plus tard, il découvrait un second satellite, Deimos, complétant ainsi la liste des lunes martiennes encore en vigueur aujourd’hui. Ces découvertes mettaient fin à une longue quête pour les compagnons de Mars, dont l’existence avait été pressentie par des figures comme Johannes Kepler ou Jonathan Swift.

Caractéristiques Physiques : des satellites singuliers
Phobos et Deimos se distinguent nettement de la Lune terrestre par leur morphologie. Ils présentent une forme irrégulière, souvent décrite comme « en patate », ressemblant davantage à des astéroïdes qu’à un corps sphérique. Ce profil oblong est dû à leur faible masse et, par conséquent, à leur gravité insuffisante pour les forcer à prendre une forme sphérique, contrairement aux grands corps célestes comme la Terre ou sa Lune. Les études actuelles suggèrent que ces deux lunes sont en réalité des astéroïdes que la gravité de Mars aurait capturés il y a longtemps, et non des corps formés in situ avec la planète.
Phobos est le plus grand des deux, avec un diamètre moyen d’environ 22,5 kilomètres (14 miles). Il est environ sept fois plus massif que Deimos, dont le diamètre moyen est de 12,4 kilomètres (7,7 miles). En comparaison, la Lune terrestre est une sphère d’environ 3 475 kilomètres (2 159 miles) de diamètre. Les noms des lunes, Phobos (« peur ») et Deimos (« terreur »), proviennent de la mythologie grecque, où ils désignent les fils du dieu de la guerre Arès, l’équivalent grec du dieu romain Mars.

Mariner 9 révèle la surface de Phobos et le cratère Stickney
Les premières images rapprochées de Phobos et Deimos ont été obtenues lors de la mission Mariner 9 de la NASA, qui a orbité Mars entre 1971 et 1972. Ces clichés ont révélé une surface criblée de cratères, typique des corps astéroïdaux. Parmi eux, le cratère Stickney se démarque sur Phobos par sa taille impressionnante. Nommé en l’honneur d’Angeline Stickney, l’épouse d’Asaph Hall, ce cratère mesure environ 9 kilomètres de diamètre, occupant une part significative de la surface de la lune. L’impact à l’origine de Stickney a probablement été si violent qu’il aurait pu pulvériser Phobos, qui n’a survécu que de justesse.
La surface de Phobos est également marquée par de longues rainures peu profondes qui irradient depuis le cratère Stickney. De nombreux planétologues pensent que ces sillons sont des fractures de tension, résultat direct de l’impact colossal de Stickney. Ces marques pourraient aussi être les prémices d’une désintégration future, témoignant des contraintes subies par la petite lune.
L’Évolution Future : Phobos et les anneaux martiens
La proximité de Phobos avec Mars le soumet à des forces de marée intenses. Les études ont montré que Phobos se rapproche progressivement de la planète rouge d’environ 1,8 mètre par siècle. À ce rythme, les projections indiquent que dans plusieurs millions d’années, Phobos sera déchiré par la gravité martienne. Ce phénomène de dislocation est susceptible de former un anneau de débris autour de Mars, rappelant ceux de Saturne. Certains astronomes envisagent même un cycle où Phobos alternerait entre l’état de lune et la formation d’un anneau planétaire avant de se regrouper. Cette théorie reste un sujet de recherche actif.
Phobos et Deimos : des témoins de l’évolution du système martien
L’étude de Phobos et Deimos offre des perspectives inestimables sur l’histoire et l’évolution de Mars et de son environnement. Leur nature de corps potentiellement capturés, leur morphologie unique et leur destin programmé de transformation en anneau fournissent des données cruciales pour les modèles de formation planétaire. La compréhension de ces petites lunes aide les scientifiques à mieux appréhender les dynamiques gravitationnelles et les interactions entre les planètes et leurs satellites, enrichissant ainsi notre savoir sur les systèmes solaires, au-delà même de notre propre système.