BepiColombo éteint sa propulsion électrique solaire avant l’arrivée sur Mercure

La mission BepiColombo a désactivé sa propulsion électrique solaire après huit ans. Elle entame sa phase d'arrivée vers Mercure, un jalon majeur pour l'exploration.

BepiColombo éteint sa propulsion électrique solaire avant l’arrivée sur Mercure

La mission BepiColombo a mis fin à son système de propulsion électrique solaire (SEP) le 15 juin 2026, après huit années de voyage interplanétaire. Cet arrêt marque la conclusion de sa longue phase de croisière et l’amorce de son insertion orbitale autour de Mercure. Le vaisseau entre désormais dans sa phase d’arrivée critique, menant à son déploiement final.

L’arrêt définitif de la propulsion ionique de BepiColombo

Le 15 juin 2026 à 15:24 CEST, la sonde BepiColombo de l’ESA et de la JAXA a éteint pour la dernière fois la faible lueur bleue de ses propulseurs. Cette désactivation du système de propulsion électrique solaire (SEP) de la mission intervient après un voyage de huit ans à travers le Système solaire interne. Elle signale la fin de la phase de croisière prolongée de BepiColombo et le début imminent de son arrivée en orbite autour de Mercure.

Les commandes d’arrêt ont été transmises depuis la Terre bien avant l’événement, assurant une coupure précise des propulseurs lors de la dernière poussée. Cet arrêt conclut un chapitre technologique fondamental pour la mission, inaugurant une nouvelle phase dédiée à la capture gravitationnelle de Mercure.

Huit années de propulsion électrique solaire : une prouesse technique

Lancée en octobre 2018, la mission BepiColombo a été propulsée par son système SEP, intégré au Mercury Transfer Module (MTM). Ce système se compose de quatre propulseurs QinetiQ T6 qui utilisent l’électricité générée par les panneaux solaires de la sonde pour ioniser du gaz xénon. Contrairement aux systèmes de propulsion chimique traditionnels, le SEP convertit le gaz xénon en un flux de plasma chargé électriquement, qui est ensuite accéléré et expulsé à très haute vitesse.

Cette méthode, qui nécessite beaucoup moins de propergol et peut ajuster sa poussée en fonction de la puissance solaire disponible, est reconnue comme l’un des systèmes de propulsion les plus efficaces et flexibles jamais conçus. Elle a permis à BepiColombo de réaliser l’un des voyages interplanétaires les plus complexes à ce jour, démontrant la fiabilité et les capacités de cette technologie.

Schéma détaillant le fonctionnement des propulseurs électriques solaires de BepiColombo, ionisant le xénon.

Une croisière interplanétaire jalonnée de survols planétaires

La phase de croisière de BepiColombo a été caractérisée par une série de neuf survols planétaires : un survol de la Terre, deux de Vénus et six de Mercure. Ces manœuvres de fronde gravitationnelle ont été essentielles pour ajuster la trajectoire du vaisseau et économiser du propergol, tout en le ralentissant progressivement pour qu’il puisse être capturé par l’attraction gravitationnelle de Mercure. La précision de ces survols a été primordiale pour la réussite de la mission.

Avant la désactivation du SEP, Neil Wallace, l’ingénieur principal des propulseurs SEP, a rencontré l’équipe de la mission et les partenaires industriels au Centre européen d’opérations spatiales (ESOC) de l’ESA à Darmstadt, en Allemagne. Cette rencontre a permis d’examiner les enseignements tirés du système SEP de BepiColombo, une étape importante pour l’implémentation de cette technologie dans de futures missions spatiales.

Représentation des différentes phases et survols planétaires de la mission BepiColombo vers Mercure.

La phase critique d’arrivée et d’insertion orbitale de Mercure

Désormais privé de sa propulsion principale, BepiColombo suivra une trajectoire «balistique» ou de chute libre alors qu’il amorce sa première manœuvre d’arrivée clé : la séparation du MTM, prévue pour le 3 septembre 2026. C’est à partir de ce moment que le module de transfert se séparera des deux orbiteurs, le Mercury Planetary Orbiter (MPO) et le Mercury Magnetospheric Orbiter (Mio), accompagnés du module de soutien instrument MOSIF.

Ce n’est qu’en fin novembre 2026, lorsque l’ensemble des orbiteurs atteindra le point d’insertion orbitale de Mercure, que l’équipe de contrôle de vol de BepiColombo activera la propulsion chimique du MPO. Ce système propulsera alors le vaisseau triple jusqu’au début décembre, période à laquelle les orbiteurs MPO et Mio seront finalement déployés sur leurs orbites scientifiques respectives.

L’héritage technologique de BepiColombo pour l’exploration future

La réussite opérationnelle du système de propulsion électrique solaire de BepiColombo durant ces huit années valide pleinement cette technologie pour les missions interplanétaires à long terme. Les données et l’expérience acquises permettront d’optimiser la conception et l’exploitation des futurs engins spatiaux, ouvrant la voie à des explorations plus lointaines et plus complexes, notamment vers les géantes gazeuses et les confins du Système solaire.

La mission BepiColombo, au-delà de ses prouesses techniques de propulsion, doit fournir des informations inédites sur la formation et l’évolution de Mercure, la planète la plus proche du Soleil. Les observations futures des orbiteurs MPO et Mio approfondiront notre compréhension des champs magnétiques, de la géologie de surface et de l’exosphère ténue de cette planète, consolidant ainsi la connaissance scientifique de notre voisinage cosmique.


Source : Lire l’article original

Laisser un commentaire