Blue Origin a exposé ses plans pour reprendre les opérations au pas de tir de son lanceur New Glenn suite à une anomalie survenue le mois dernier. L’enquête sur l’incident se poursuit, mais les premières analyses pointent vers la section arrière du premier étage. Ce calendrier repousse également le premier vol lunaire du cargo Blue Moon Mark 1 à début 2027.
La société Blue Origin a récemment communiqué sur les prochaines étapes concernant son lanceur lourd New Glenn, près d’un mois après l’explosion de son prototype. Le PDG, Dave Limp, a partagé le plan de l’entreprise pour la reprise des opérations au pas de tir, prévue pour plus tard cette année. L’incident fait toujours l’objet d’une enquête approfondie.
Enquête sur l’anomalie du premier étage
L’enquête sur la cause de l’anomalie est activement menée par Blue Origin. Selon Dave Limp, le véhicule était équipé d’une instrumentation complète, incluant de multiples angles de caméra et des capteurs, ce qui procure une grande confiance dans la capacité de l’entreprise à identifier et corriger la cause profonde. Les premières analyses suggèrent que le problème se situerait dans la section arrière du premier étage du lanceur. Des questions ont été soulevées quant à savoir si cette description impliquait un dysfonctionnement de l’un des moteurs BE-4 fabriqués par Blue Origin et équipant le premier étage, mais aucune réponse n’a été fournie avant publication.

Préparation de la reprise des opérations au pas de tir
Quelques jours avant ces déclarations, le 28 juin, Dave Limp avait diffusé une courte vidéo sur les réseaux sociaux. Celle-ci montrait l’assemblage d’une imposante grue destinée au démantèlement de la tour d’accès au véhicule, qui avait subi des dommages lors de l’explosion mais était restée debout. Le PDG avait également noté que la récupération des débris avait été achevée en seulement neuf jours et que l’ensemble du complexe de lancement 36 avait été entièrement dégagé.
Impact sur la mission lunaire Blue Moon Mark 1
Le lanceur New Glenn devait initialement envoyer le premier atterrisseur de fret Blue Moon Mark 1 de Blue Origin, nommé « Endurance », vers la Lune dès la fin de l’été. Ce module devait transporter plusieurs charges utiles scientifiques de la NASA et avait été désigné « Moon Base 1 » lors d’un événement de l’agence spatiale le 26 mai. Cependant, les dommages subis par le pas de tir et l’enquête sur l’incident ont contraint à repousser ce calendrier. Le lancement est désormais prévu pour début 2027, selon les déclarations de Dave Limp.

La NASA évalue ses options face au délai
Lors d’un second événement « Moon Base », Carlos García-Galán, directeur exécutif du programme Moon Base de la NASA, a confirmé que l’agence travaillait « très étroitement avec Blue Origin pour comprendre leurs délais de reprise et examinons également toutes nos options au cas où cela ne correspondrait pas à notre calendrier ». Il a souligné que la NASA mobilisait « toutes ses capacités » pour assurer le succès de son partenaire commercial. Pour le programme Moon Base piloté par la NASA, l’agence souhaite disposer de plusieurs atterrisseurs pour assurer un flux continu d’infrastructures vers la surface lunaire, essentiel pour l’apprentissage et le développement d’installations permanentes futures.
Perspectives pour l’exploration lunaire et la redondance
La NASA a ainsi mis l’accent sur son soutien à Blue Origin pour déterminer la cause première de l’incident et pour aider à reconstruire l’infrastructure. Toutefois, l’agence explore activement des alternatives. Elle étudie notamment la possibilité de lancer l’atterrisseur Mark 1, qui est intact et n’a pas été affecté par l’anomalie, sur un autre lanceur. Toutes les options concernant les charges utiles seront également évaluées en fonction de l’évolution du calendrier. Cet événement souligne l’importance stratégique de la redondance des capacités de transport spatial et des partenaires commerciaux pour les ambitions à long terme de l’exploration lunaire. La diversification des fournisseurs et des lanceurs devient une composante essentielle pour la résilience des missions complexes vers la Lune et au-delà.

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