Dix lancements spatiaux confirment une semaine d’activité intense

Dix lancements spatiaux mondiaux, dont cinq par SpaceX, marquent une semaine intense d'activité. La Chine revient en vol, l'Europe prépare Ariane 64.

Dix lancements spatiaux confirment une semaine d’activité intense

L’industrie spatiale mondiale s’apprête à vivre une semaine particulièrement dense avec dix lancements programmés depuis différentes bases à travers le globe. SpaceX dominera ce calendrier avec cinq missions prévues, incluant des déploiements Starlink et des charges utiles pour des clients variés. La Chine et l’Europe contribuent également à cette fenêtre opérationnelle soutenue.

La semaine en cours marque une période d’activité intense pour l’exploration spatiale et les services satellitaires, avec un total de dix lancements anticipés à l’échelle mondiale. L’entreprise américaine SpaceX se positionne en acteur majeur, responsable de la moitié de ces missions. Parmi celles-ci, deux sont dédiées au déploiement de satellites Starlink, renforçant la constellation internet du groupe. D’autres opérations incluent une mission pour le National Reconnaissance Office (NRO), un lancement pour AST SpaceMobile, et une démonstration pour le futur véhicule de rentrée atmosphérique de la société, Starfall.

Cette cadence élevée souligne la capacité de SpaceX à soutenir simultanément des opérations commerciales, militaires et de développement technologique, consolidant sa position de leader sur le marché des lancements.

Le Falcon 9 enchaîne les missions Starlink

Le premier lancement de la semaine a vu un lanceur Falcon 9 déployer avec succès un lot de 24 satellites Starlink v2 Mini. Ces satellites ont intégré la coquille orbitale Group 17 de la constellation internet de SpaceX. Le décollage s’est déroulé depuis le Space Launch Complex 4 East (SLC-4E) de la Vandenberg Space Force Base en Californie, le lundi 15 juin à 15h34 UTC (8h34 PDT). Le Falcon 9 a suivi une trajectoire sud depuis Vandenberg, plaçant les satellites sur une orbite héliosynchrone (SSO).

Satellites Starlink v2 Mini de SpaceX avant leur déploiement en orbite terrestre.

Le propulseur réutilisable B1093 a assuré cette mission, marquant son quatorzième vol. Après le lancement et la séparation des étages, le premier étage a atterri sur le bateau-drone *Of Course I Still Love You* de SpaceX, positionné dans le Pacifique. Ce propulseur avait précédemment soutenu des missions telles que Tranche 1 Transport Layer B, Tranche 1 Transport Layer C, Transporter 16, ainsi que onze missions Starlink antérieures.

Le Falcon 9 mesure 70 mètres de hauteur et 3,7 mètres de diamètre. Ce véhicule de lancement biphasé et partiellement réutilisable est capable de placer 22 000 kg en orbite terrestre basse (LEO) et 8 300 kg en orbite de transfert géostationnaire. Son premier étage est propulsé par neuf moteurs Merlin, tandis que le second étage utilise un unique moteur Merlin optimisé pour le vide. Les deux étages emploient des ergols RP-1 (kérosène liquide) et LOX (oxygène liquide).

Vue détaillée du premier étage du lanceur Falcon 9, prêt au décollage.

Retour en vol pour la Chine, l’Europe se prépare

Sur la scène internationale, la Chine a également contribué à cette cadence, avec trois lancements prévus sur une période de 24 heures. Le premier d’entre eux a eu lieu le mardi 16 juin à 08h45 UTC, depuis le Complexe de Lancement 2 (LC-2) du Centre de Lancement de Satellites de Xichang. Un lanceur Chang Zheng 3B/E (CZ-3B/E) de la CASC (Chinese Aerospace Science and Technology Corporation) a mis en orbite un satellite classifié nommé Shijian-31.

Cette mission marque un retour en vol pour le CZ-3B/E. Son opération précédente, le lancement de la mission Shijian 32 le 16 janvier, avait échoué lors du vol du troisième étage, empêchant la charge utile d’atteindre l’orbite. Le CZ-3B/E, dont le premier vol remonte à 2007, est devenu l’un des lanceurs « cheval de bataille » de la Chine. Composé de trois étages, il génère une poussée au décollage de 5 986 kN et utilise des ergols hypergoliques, connus pour être toxiques mais hautement stockables.

Lanceur chinois Chang Zheng 3B/E au centre spatial de Xichang.

En parallèle, une fusée Ariane 64 doit décoller de Kourou, en Guyane française, pour déployer une série de satellites Amazon Leo, en bénéficiant de propulseurs d’appoint à propergol solide améliorés. De son côté, Rocket Lab s’apprête à lancer un satellite radar à synthèse d’ouverture (SAR) pour Synspective, ajoutant à la diversité des charges utiles.

Perspectives sur l’accélération des cadences

La concentration de dix lancements en une seule semaine illustre l’accélération continue des activités spatiales à l’échelle planétaire. Cette intensification est portée par des besoins croissants en connectivité satellitaire, en observation de la Terre et en capacités de défense. Elle met également en lumière la maturité technologique des acteurs comme SpaceX, capables de maintenir des fréquences de lancement élevées grâce à la réutilisation des étages.

Cette période chargée n’est pas une anomalie, mais plutôt un indicateur de la normalisation de cadences élevées dans l’accès à l’espace. Les avancées dans la conception des lanceurs et la miniaturisation des satellites permettent d’envisager un avenir où l’orbite terrestre sera encore plus peuplée de plateformes servant une multitude d’objectifs scientifiques, commerciaux et stratégiques. La compétition et la collaboration entre nations et entreprises privées continuent de façonner ce paysage dynamique.


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