SpaceX prépare le lancement de la version 3 de son système Starship, une fusée repensée et améliorée. Ce nouveau modèle vise à devenir le lanceur le plus haut et le plus puissant jamais conçu. Sa réussite est cruciale pour les ambitions martiennes de l’entreprise et les missions Artemis de la NASA vers la Lune.
SpaceX s’apprête à lancer une version considérablement améliorée de son système de lancement Starship. Le vol test, prévu dès le 19 mai, représente le douzième de son programme de développement et promet de battre les records de hauteur et de puissance pour une fusée.
Un nouveau vol d’essai aux enjeux majeurs
Ce lancement intervient après une série de révisions approfondies apportées au Starship, l’étage supérieur, et au Super Heavy, l’étage inférieur, depuis le dernier test en octobre de l’année précédente. Le vol de la version 3 des deux éléments, propulsés par de nouveaux moteurs Raptor version 3 ayant subi des tests limités, s’effectuera depuis un pas de tir nouvellement conçu sur le site Starbase de SpaceX au Texas. Ces éléments augmentent significativement les enjeux de ce vol d’essai pour l’entreprise.
Innovations techniques et évolutions du Starship V3
Les modifications apportées au Super Heavy 3 incluent une réduction du nombre d’ailerons de grille, destinés à guider sa rentrée atmosphérique pour un atterrissage en toute sécurité, passant de quatre à trois unités. Cependant, la taille de ces ailerons a été augmentée de 50 %. L’étage supérieur, Starship 3, intègre un nouveau réservoir de propergol plus grand, des équipements pour le ravitaillement en orbite, et des tuiles thermiques améliorées pour la rentrée atmosphérique. Ces améliorations visent à optimiser les performances du lanceur pour des missions prolongées et des manœuvres complexes.
Des records de taille et de puissance établis
Au moment du lancement, la hauteur totale de la fusée atteindra 124 mètres, soit environ un mètre de plus que la version précédente de Starship. Cette taille surpasse également le Space Launch System (SLS) de la NASA, qui mesure 98 mètres, et la fusée Saturn V de 111 mètres, utilisée pour envoyer des astronautes sur la Lune dans les années 1960 et 70. En termes de puissance, Starship 3 développera une poussée de 75 000 kilonewtons, près du double des 39 000 kilonewtons du SLS, ce qui en fait le lanceur le plus puissant jamais mis en service. Alistair John, de l’Université de Sheffield, a calculé que la puissance maximale de tous les moteurs du Starship complet dépasserait la production totale d’électricité de l’Allemagne, soulignant l’échelle de ce développement.
Le rôle central de Starship dans le programme Artemis
Le système Starship est considéré comme vital pour les plans de la NASA de ramener des humains sur la Lune d’ici 2028 via le programme Artemis. SpaceX a été sélectionné pour fournir l’un des deux designs de l’atterrisseur lunaire commercial, aux côtés de Blue Origin. Après la mission inhabitée Artemis I en 2022 et le vol habité autour de la Lune d’Artemis II plus tôt cette année, la mission Artemis III verra un équipage être lancé à bord d’un vaisseau Orion au sommet d’une fusée SLS vers l’orbite terrestre basse. Ils y effectueront un rendez-vous avec un ou les deux atterrisseurs lunaires commerciaux fournis par SpaceX et Blue Origin. Cette manœuvre est essentielle pour embarquer l’équipage et le carburant nécessaires avant l’alunissage.
Perspectives : au-delà de la Lune, vers Mars
Selon Elon Musk, PDG de SpaceX, le Starship est en cours de développement pour déployer des satellites en orbite et, à terme, réaliser des missions vers Mars. L’intégration réussie de Starship dans l’architecture Artemis de la NASA représente une étape cruciale non seulement pour le retour sur la Lune, mais aussi pour les ambitions à long terme de l’exploration humaine du système solaire. La capacité de ravitaillement en orbite et la puissance inégalée de ce lanceur positionnent Starship comme un élément central pour l’avenir des voyages spatiaux profonds, offrant des opportunités sans précédent pour la science et l’exploration.
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