La NASA et Boeing maintiennent leur engagement envers la mission sans équipage Starliner-1, malgré une chronologie de lancement incertaine, potentiellement reportée d’un an. Cette situation fait suite à de multiples anomalies détectées lors du vol d’essai habité (CFT) de 2024, classé comme un incident de Type A. L’agence spatiale et l’industriel travaillent à résoudre les problèmes identifiés, notamment ceux liés au système de propulsion.
Le lancement de Starliner-1 repoussé d’un an
Plus de quatre mois après la publication par la NASA d’un rapport classifiant le vol d’essai habité (CFT) du CST-100 Starliner de Boeing comme un incident de Type A mishap, la date de la mission de retour en vol reste indéterminée. Selon Kent Rominger, membre du Comité Consultatif sur la Sécurité Aérospatiale (ASAP), la mission Starliner-1 sans équipage pourrait être retardée d’une année. La NASA et Boeing évaluent actuellement les opportunités de lancement tout en finalisant le travail post-vol de la mission CFT et en répondant aux problèmes soulevés par le rapport de l’Équipe d’Investigation du Programme (PIT).
« La NASA et Boeing continuent de travailler vers l’objectif de la certification habitée de Starliner, ce qui inclut la définition de ce qui est nécessaire et acceptable pour la prochaine mission sans équipage afin de réduire les risques et de confirmer l’état de préparation pour les missions habitées », a déclaré l’ancien astronaute de la NASA. La cible de lancement de Starliner-1 est en cours de révision, des travaux étant toujours nécessaires pour résoudre les problèmes finaux du système de propulsion.
Anomalies techniques du vol d’essai habité (CFT)
La mission Starliner CFT a été marquée par de nombreuses anomalies techniques. Cinq propulseurs sur le module de service de l’engin spatial ont notamment échoué durant la phase de rendez-vous avec la Station Spatiale Internationale, contraignant l’astronaute Butch Wilmore à un pilotage manuel. La capsule a également rencontré des problèmes de fuites dans sept des huit collecteurs d’hélium du module de service, ainsi qu’une défaillance d’un jet du système de contrôle de réaction (RCS).
L’accumulation de ces problèmes a conduit la NASA à retirer Wilmore et sa coéquipière, Suni Williams, du véhicule Starliner pour leur retour, et à les réaffecter à la mission SpaceX Crew-9. Ces incidents soulignent la complexité des systèmes en jeu et l’impératif de fiabilité absolue pour les vols habités.

Rapport d’enquête et changements structurels
Le rapport de l’Équipe d’Investigation du Programme (PIT) a mis en lumière des « défis culturels et de leadership qui ont miné la rigueur technique et exacerbé les risques techniques ». Les causes profondes identifiées incluaient l’approche contractuelle non interventionniste de la NASA, qui a limité sa vision du développement de Starliner, ainsi que l’ingénierie des systèmes inadéquate de Boeing, s’appuyant sur des sous-traitants sans surveillance suffisante, créant des lacunes dans la qualification du matériel.
De plus, la culture du Programme Commercial Crew (CCP) de la NASA a été critiquée pour avoir privilégié le succès du fournisseur au détriment de la rigueur technique. En réponse, Rominger a indiqué que des recommandations du rapport PIT sont en cours de mise en œuvre et que des « changements de gestion et opérationnels ont été effectués ». Le modèle de gouvernance du Programme Commercial Crew a été mis à jour pour clarifier les rôles et responsabilités durant les missions, et une Équipe d’Examen de Qualification Delta du Système de Propulsion a été établie pour assurer une qualification complète.

Perspectives pour la certification de Starliner
L’objectif de la mission Starliner-1 est désormais de réduire les risques pour les futures missions habitées et de valider les corrections apportées aux systèmes. La résolution des problèmes restants du système de propulsion est cruciale avant tout nouveau vol. La rigueur technique et la vérification exhaustive des systèmes demeurent des priorités absolues pour la NASA et Boeing.
Le programme Commercial Crew représente un pivot dans l’accès américain à l’espace, et la réussite de Starliner est essentielle pour garantir une redondance de transport d’équipage vers l’ISS. Ces retards rappellent les défis inhérents au développement de technologies spatiales complexes et l’importance d’une surveillance continue et d’une ingénierie robuste pour assurer la sécurité des astronautes.
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