La NASA et Boeing confirment leur engagement envers la certification du vaisseau Starliner, mais le calendrier du prochain vol sans équipage reste incertain. Plus de quatre mois après un rapport classant le vol d’essai habité (CFT) comme un incident de Type A, la mission Starliner-1 pourrait être reportée d’une année. Des problèmes techniques persistants et des lacunes organisationnelles sont actuellement ciblés.
La NASA et Boeing confirment leur engagement envers la certification du vaisseau CST-100 Starliner, mais le calendrier du prochain vol sans équipage reste incertain. Plus de quatre mois après un rapport classant le vol d’essai habité (CFT) de 2024 comme un incident de Type A, la mission Starliner-1, non habitée, pourrait être reportée d’une année. Des problèmes techniques persistants et des lacunes organisationnelles sont actuellement ciblés par les équipes.
Une certification prolongée pour le Starliner
Lors d’une réunion publique du panel consultatif sur la sécurité aérospatiale (ASAP) le lundi 23 juin 2026, Kent Rominger, membre du panel, a indiqué que la NASA évaluait toujours les opportunités de lancement pour la mission Starliner-1. L’agence spatiale et Boeing continuent de travailler sur les analyses post-vol de la mission CFT et d’adresser les problèmes soulevés dans le rapport de l’équipe d’enquête du programme (PIT). L’objectif demeure la certification du Starliner pour les vols habités. Cela inclut la définition des exigences et des critères d’acceptation pour la prochaine mission sans équipage, essentielle pour réduire les risques et confirmer la préparation des futures missions avec astronautes. Le lancement de la mission Starliner-1, sans équipage, est actuellement en cours de révision, car des travaux sont encore nécessaires pour résoudre les problèmes finaux du système de propulsion. Les deux entités n’ont pas encore communiqué de nouvelle date prévisionnelle.

Anomalies techniques du vol d’essai CFT
La mission Starliner CFT a été marquée par plusieurs anomalies techniques significatives. Au cours de la phase de rendez-vous avec la Station spatiale internationale, cinq propulseurs du module de service du vaisseau ont échoué. Cet incident a contraint l’ancien astronaute de la NASA, Butch Wilmore, à prendre le contrôle manuel du pilotage du vaisseau. En outre, la capsule a également rencontré des fuites dans sept des huit collecteurs d’hélium du module de service, ainsi qu’une défaillance du jet du système de contrôle de réaction. Cette série de problèmes a conduit la NASA à réaffecter Wilmore et sa coéquipière, Suni Williams, à la mission SpaceX Crew-9 pour leur retour, soulignant la gravité des dysfonctionnements observés. Ces incidents ont nécessité une révision approfondie des systèmes et des procédures afin de garantir la fiabilité future.
Défis organisationnels et culturels identifiés
Le rapport de l’équipe d’enquête du programme (PIT) a pointé du doigt des « défis culturels et de leadership qui ont miné la rigueur technique et exacerbé les risques techniques ». Selon Kent Rominger, les recommandations du rapport PIT sont en cours de traitement, et des « changements de gestion et opérationnels ont été mis en œuvre ». Le rapport a identifié plusieurs causes profondes, notamment : une approche contractuelle trop distante de la NASA qui a limité sa supervision du développement du Starliner ; une ingénierie des systèmes inadéquate de la part de Boeing, s’appuyant sur des sous-traitants sans surveillance suffisante, créant ainsi des lacunes dans la qualification du matériel ; et une culture au sein du programme d’équipage commercial de la NASA qui a privilégié la réussite du fournisseur au détriment de la rigueur technique. Le modèle de gouvernance du programme a été mis à jour pour clarifier les rôles et responsabilités durant les missions, et une équipe de revue de qualification (Compulsion System Delta Qualification Review Team) a été établie pour assurer une qualification complète des systèmes.

Perspectives pour l’avenir du Starliner
Malgré les retards et les défis, la NASA et Boeing maintiennent un engagement ferme envers le programme Starliner. L’enjeu est de taille : la certification d’un second transporteur d’équipage américain, offrant une redondance cruciale pour l’accès à la Station spatiale internationale. La prochaine étape clé consiste à finaliser l’évaluation des systèmes de propulsion et à s’assurer que toutes les recommandations du rapport PIT sont pleinement intégrées. L’accent est mis sur la démonstration d’une fiabilité irréprochable avant d’envoyer des astronautes à bord. Ce processus rigoureux, bien que coûteux en temps, est fondamental pour la sécurité des équipages et la pérennité de l’exploration spatiale habitée. La transparence et la rigueur technique seront les piliers de cette certification.
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